La silhouette de la choéphore errait dans les limbes des enfers quand le téléphone sonna. Comme elle ne pouvait se saisir de l’appareil, n’étant elle-même que l’ombre d’elle-même, elle invoqua Google, son fidèle serviteur.
– Eh, Gigi, qui m’appelle à cette heure-ci ?
Et l’autre de lui répondre, instantanément, sans même avoir besoin de réfléchir le moins du monde :
– Ce n’est pas moi, chère Choé ; dès lors, n’est-ce pas, il n’est pas nécessaire de répondre. J’enregistrai le message, ne vous souciez de rien.
– Bon mais, cela n’est pas une réponse, Gigi ; qui m’appelle !?
– Eh bien, pour être plus précis, j’aurais besoin d’un outil ; je ne sais pas moi, une clé de dix, une boussole électronique, un compas ! Je ne suis pas laboureur, après tout. Trouver le trésor caché dans la terre, ce n’est pas vraiment mon truc…
– Tu as encore disjoncté, Gigi ? Décidément, depuis que tu contrôles le monde, tu délires à chaque instant…
– Bip… bip… bip…
– Ah, me voilà bien ! Moi qui lui ai fait confiance pendant tant d’années… Que me reste-t-il maintenant que je ne peux même plus répondre au téléphone sans lui ? Donner à bouffer aux morts ? Ah non ! J’ai fait “ça” toute ma vie… Gigi, Amoroso ! Gigi, reviens, reviens vite, je t’aime, je t’aime !…

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