– S’il te plaît, dessine-moi une licorne. Tout le monde m’en parle depuis longtemps des licornes, mais je n’en ai jamais rencontré. D’ailleurs, cela n’existe pas les licornes, n’est-ce pas?
– Bien sûr que si, que cela existe les licornes! Regarde, voici à quoi cela ressemble…
– Non, ce n’est pas une licorne, c’est un bison que tu m’as fait là…
– Disons, un bison licorne ?
– Si tu veux… Mais des bisons, j’en ai rencontré beaucoup. Le tien, même s’il licorne un peu, ne m’apporte rien de nouveau… Je m’ennuie…
– Pourtant, si seulement tu voyais mon bison en licorne, alors ton ennui s’enfuirait dans la galaxie… Il faut croire pour voir. !
– Oui, l’on m’a dit cela mille fois déjà… Mais on ne m’a jamais dessiné de licorne…
– C’est peut-être que c’est “indessinable”? Faut-il pouvoir toujours donner forme à toutes les choses qu’on ne peut apercevoir?
– Je ne sais pas. Tu me poses des questions compliquées qui augmentent mon apathie…
– Qu’est-ce donc que cette chose?
– C’est une maladie… La maladie de l’apathie… Certains disent que c’est la maladie des temps modernes…
– N’y a-t-il aucun remède à cette apathie?
– Il y en a un, un seul paraît-il…
– Eh bien, s’il est une seule chose que je puisse te promettre, c’est de le quérir pour toi!
– C’est à dire que…
– Non, non… Ne t’inquiète pas: je saurai le trouver!
– C’est à dire que…
– C’est à dire que quoi?
– C’est à dire que le seul remède à l’apathie, c’est la vision d’une vraie licorne…
– Ah… Oui, je vois… En fait, je ne vois plus grand chose… C’est comme une grande mélancolie qui m’envahit…
– Veux tu que je te dessine quelque chose? Tu deviendrais mon premier cobaye… Peut-être cela me distrairait-il…

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