Un enfant du XXème marche sur le chemin de la vie et des sardines sont enfermées dans une boîte en métal.

Un chat dort sur le rebord d’une fenêtre à l’ombre d’un été qui pleure.

Un homme méchant, vêtu d’une grande blouse blanche, court dans un parc ; il y poursuit un pyjama rayé poussé par le vent ; le vent d’une chanson ou celui d’un pinson. Les sardines s’impatientent, on les a réveillées.

Il y a aussi un dictateur, juste derrière la blouse. L’enfant et le chemin sont sens dessus-dessous, et les larmes de l’été font un grand lac gelé. Le pinson a rattrapé le pyjama et l’a passé au chat qui s’est dit “comme cha, je pourrai faire le ministre ; je ne cherai pas le premier…” ; hélas, l’hiver est arrivé, et tout ‘chela’ s’est figé.

En panne d’aspiration, l’ordinateur regarde le lac par la fenêtre. L’enfant dort. Tout est calme. L’aspirateur, faute d’inspiration, calcule en silence : « Le chat s’est absenté, les souris dansent et là-bas, dans la cuisine, le réfrigérateur digère tranquillement la mère de l’enfant. Hum… Je pourrais faire la sieste, se dit-il. »

Mais arrive un ténor, hargneux comme un poil dans la soupe, rigide comme un barreau de prison, et l’enfant se jette par la fenêtre ! Et la fenêtre se jette dans le lac ! Et la mère sort du frigo comme le lapin du chapeau !

Dans la cuisine elle trouve Son Homme en train d’écrire. La feuille aspire à se couvrir du sang de l’écrivain, mais lui, est écrivain raté ; il ne risque rien. Le train des enfers s’engouffre en permanence dans le tunnel des abysses de sa pensée, pendant qu’à l’étable, juste à côté, la fermière trait la vache. Bientôt le lait chaud caressera le palais de l’enfant, qui s’est cassé le nez sur le grand lac gelé…

Mais c’était compter sans l’ours polaire, tout juste débarqué, et qui tout à coup, se voit pousser des ailes ! Des ailes de papillon ; de papillon glacé… L’écrivain raté les arrache, les couche sur le papier, et, content de son coup, il s’en va, lui-même, se coucher.

Céréales déshydratées et périmées dans le bol, l’enfant a faim. Les tuyauteries résonnent dans le vide ; le bâtiment râle. La misère vend la mère pour une poignée de dollars ; l’enfant joue. Passe un corbeau qui ramasse les restes ; passe un philosophe qui théorise l’intégration sociale des hommes et des rats ; passe encore un dromadaire avec un lampadaire ; la mère est morte et la télé a disjoncté.

Le cirque est arrivé. À la radio, le bol de la trompette étouffe les notes de la complainte. Là-haut, l’enfant pleure. Le génie est rentré dans la lampe de la radio. Le hommes mangent les rats et la morte la télé. Les éléphants dansent sur des planches. Ils sont déchaînés…

La moralité de cette histoire, car il y a moralité, c’est qu’il vaut mieux thésauriser que théoriser. C’est beaucoup moins risqué. Et la preuve, c’est qu’on n’a rien appris du ‘siècle des ténèbres’, et que même les sardines, se croyant libérées, mais, ne sachant pas nager, ont toutes été mangées par le chat.

5
0
L'auteur-trice aimerait avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x