Qui suis-je ? avez-vous déjà imaginé qu’une bougie puisse être victime d’une crise existentielle profonde ? Cet objet simple, utile et désuet à la fois, n’est pas censé se poser trop de questions me direz-vous, et pourtant…

Je suis pour ma part une bougie qu’on appelle d’intérieure, senteur florale, élément de décoration et de relaxation. Mes propriétaires actuels m’utilisent dans certains moments propices, souvent à deux, et je suis parfois la témoin de scènes langoureuses et tendres ou de dîners romantiques et j’aime ça, même si à chaque utilisation un sentiment ambivalent me saisit, partagé entre la joie d’illuminer leur vie et l’angoisse de la mort qui se rapproche dès que ma mèche se consume. J’ai déjà vu plusieurs collègues partir, et j’ai conscience d’être bien mieux lotie que mes sœurs, bougies d’anniversaires dont l’espérance de vie n’est en rien proportionnelle à la joie qu’elle procure…

Mais cette peur me taraude et j’apprécie de moins en moins voir s’approcher l’allumette et ce encore plus depuis que j’ai appris cette terrible nouvelle, une amie ayant brûlé une maison entière en tombant d’une table… Ce pouvoir que nous avons d’embellir des vies et de les détruire en quelques minutes, cela me pèse et j’aspire à me reposer dans un placard, que ma cire s’empoussière et qu’on m’oublie… Mieux vaut une existence ennuyeuse et longue qu’incandescente… peut-être…

 

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