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‌Un corbeau tout noir et un chaton tout blanc erraient non loin l’un de l’autre dans un vieux quartier déserté du nord de la France.
Tous deux avaient été abandonnés, l’un parce qu’il croassait vraiment trop mal, l’autre parce qu’il ne miaulait guère mieux et que sa voix bien trop aiguë incommodait sa famille.
Il est vrai que si les humains abandonnent souvent leurs animaux pour pas grand-chose, les animaux entre eux ne sont guère plus tendres.
Notre chaton Blanco avait trouvé refuge sous un vieux tas de charbon. Notre corbeau Noiraud lui, décontenancé par cette brutale mise au ban, déambulait tout triste dans la neige. (Évidemment c’était l’hiver)
Miauler, Blanco n’y songeait même plus ; ce qui le tenaillait maintenant, c’était l’envie de pleurer, mais le résultat était le même. De longs geignements aigus, juste un peu plus longs, juste un peu plus tristes.
Noiraud lui, essayait d’adoucir sa voix dans l’espoir de réintégrer son clan mais peine perdue : il croassait faux et seul un orthophoniste aurait pu l’aider à bien respirer pour mieux poser cette voix. Or chez les corbeaux, rares sont les orthophonistes, il faut bien le dire.
Les jours passaient, Blanco avait faim. il était triste et seul. Il lui manquait les conseils de sa maman pour apprendre à chasser et les souris lui riaient au nez.
Noiraud lui, ne s’en sortait pas trop mal, il mangeait de tout par nature  et n’avait pas trop les moyens de faire le difficile, surtout par temps de neige.

Un jour que nos deux amis cherchaient ardument leur pitance, broyant tous deux du noir, noir comme le corbeau, le museau et le bec rivés au sol, ils se heurtèrent l’un à l’autre.
– Cruââââââââ ! fit le premier en sursautant.
-Miiiiiouiuiuiiiii ! cria le second en reculant effrayé.

à suivre, peut-etre…

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