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« À chacun sa …. » disait ma grand-mère !

Quelle idée m’a prise, hier, de parcourir, le dédale des couloirs de l’entreprise ?

Je suis le petit peintre.

Vous savez, celui qui camoufle tous les petits défauts de chacun !

Tantôt sur bâtiments, tantôt sur toiles, je bouche, dissimule, mets à l’abri, fais disparaître et planque avec un génie méphistophélique et par le détail, toute forme d’hypocrisie, délits de mensonges, de pensées caractéristiques, ornements, volontaires ou pas, de l’âme humaine.

Et ce couloir qui n’en finit pas !…

Le diable existe-t-il ?… S’il n’existe pas, c’est l’homme qui l’a inventé par effet miroir. Du coup, c’est de ce constat indiscutable que je fais choux gras de mon métier !

Tenez, lundi dernier, mon chef m’a remis un petit paquet à porter au bureau 107, le nom inscrit en lettres majuscules. Tout enrubanné de petits cœurs rose bonbon, j’ai de suite pensé qu’il s’agissait d’un billet pour sa belle. Connaissant le phénomène, je savais que je devais me faire discret. Sachant que le labyrinthe qui devait me mener au bureau de sa maîtresse, me conduirait inévitablement au guichet de l’épouse dudit personnage, je passais d’abord par mon bureau.

La collaboration de mes petits pinceaux, l’un fin, l’autre coupé en biseau, trempés, tour à tour, dans des couleurs moins charmantes, je m’ingéniai à transformer les petits cœurs en cerfs-volants affublés de la marque d’un de nos clients.

Je l’avais échappé belle, car, comme je le prévoyais, le paquet me fut demandé au guichet !

Ouf ! Encore une fois sauvé par ma prévoyance machiavélique toutefois bien payée. Rapportant l’anecdote à mon chef, il me glissa un billet de cinquante dans la poche bien vite retiré et mis en lieu sûr.

C’est ce jeudi que les choses se sont compliquées pour moi. Ce même chef, que je voyais déambuler dans un des couloirs puis s’arrêter dans l’arrière-cour était, j’en étais certain, entrain de rejoindre sa copine. Je le suivais discrètement tout en m’assurant que la légitime n’était pas dans les parages. Et ce qui devait arriver arriva !… S’embrassant fougueusement, sans retenue, oubliant le reste du monde, chef et maîtresse allaient se faire surprendre. C’est alors que, toujours porteur de mes attirails de peintre en bâtiment, prévoyant la catastrophe, j’aspergeai les deux amants de la couleur du mur contre lequel ils faisaient leurs affaires les transformant en pingouins albinos. Au même moment, la fondée m’agrippa me demandant ce que j’étais en train de peindre. Elle n’avait pas vu passer la note. Je bredouillai mais, finalement, m’en dépatouillai plutôt pas mal.

C’est là que je me demande toujours aujourd’hui, quelle idée m’avait prise de déambuler dans les couloirs. Mon chef, furieux d’avoir été aspergé de peinture indélébile, me signifia, sans préavis, ma mise à la porte.

Son délit de cocufiage devenait permanence et preuve indiscutable pour tous. Et, ça il ne pouvait me le pardonner.

Comme quoi, mêlez-vous de vos affaires même si le contraire vous rapporte quelques sous ; dites-vous « à chacun sa m….. ». J’aurais dû me souvenir de cette phrase que ma grand-mère radotait à longueur de journée que ce soit à ses voisines ou en regardant les journaux télévisés.

Aujourd’hui, je me suis mis au vert. Je dessine toujours mais uniquement des natures mortes !

Ah le vivant, quelle calamité pour ceux qui veulent s’en mêler !

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