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Quand, devant la sous-préfecture, Malo lui dit “à la prochaine !” Yann pensa qu’il était dommage pour lui de s’en retourner déjà, il était si rare qu’il vienne en ville depuis qu’il avait repris la ferme de son père. L’occasion de ce comice agricole était une aubaine pour qui voulait renouer avec quelques délices coupables et il avait repéré dans une rue parallèle l’enseigne du « vieux boucanier ». Rien que le nom le faisait déjà voyager dans son passé de marin, il y trouverait bien des compagnons occasionnels pour trinquer et peut-être même quelques joueurs pour taper le carton.
Le petit vent frisquet d’automne qui s’était levé avait chassé les consommateurs de la terrasse du bar, Yann pénétra dans l’établissement et huma l’atmosphère. L’odeur étrange qui y régnait, née de la combinaison du feu mourant dans la cheminée, des émanations d’un brûle-parfum et de travaux  de goudronnage dans une venelle proche, embarqua son esprit vers les chantiers de réparation où il avait longuement travaillé à calfater des navires.
Il fut désagréablement surpris de constater que l’endroit était très peu fréquenté, deux compères dans un coin jouaient aux dames et un vieil homme lisait le journal local en sirotant une bière. L’animation escomptée n’était pas là, tant pis il allait tout de même s’offrir un verre de blanc avant de reprendre la route. A peine assis et sans même avoir commandé, comme par magie, une femme se matérialisa devant lui portant sur un plateau le verre espéré. C’est alors que Yann, sans consommer aucune goutte d’alcool, se senti chavirer comme un bateau cabanant à la seule vue des yeux d’émeraude de la belle serveuse.

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