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Je ne voudrais pas vous tromper. Je ne suis sûr de rien, mais je peux affirmer qu’il est crucial que vous rencontriez au plus tôt une jeune fille qui doit très bientôt partir. Je vous demande de me croire Elaine.

La conversation s’était longuement prolongée, l’après-midi touchait à sa fin et une lumière dorée illuminait le jardin. La vieille dame, qui avait si longtemps gardé pour elle le drame qui avait marqué sa vie de jeune femme, avait trouvé en Malo une écoute bienveillante et compatissante.

– Le secret que je vous ai livré est venu au grand jour par ce tableau mis en pleine lumière. Je ne sais pas ce que vous voulez en faire mais ce que je sais de vous m’incite à vous faire confiance.

***

Anaïs avait suivi Victor sans poser de question quand il lui avait dit :

– Malo nous attend, on voudrait te faire connaitre quelqu’un avant ton départ, c’est très important crois-moi.

Alors que tous deux remontaient l’allée vers le manoir, Malo remarqua la démarche légère et dansante de la jeune fille et le pas assuré et bien ancré de son ami. Sans qu’ils se donnent la main la complicité qui commençait à les lier transparaissait dans leur proximité.

De sa terrasse, installée dans un profond fauteuil, la baronne les regardait progresser, l’esprit en alerte et le cœur au bord du chavirage, sentant confusément que quelque chose d’inimaginable était en train d’arriver.

Anaïs, vêtue d’une jolie robe fleurie, s’était drapée dans une légère étole soyeuse, pensant à juste titre que la tombée du jour refroidirait l’atmosphère. Un facétieux rayon de soleil réfléchi par une indiscrète fenêtre vint faire scintiller le bijou qui ornait son cou.

Ce fut comme un cri.

– Ermine !

Tremblante, les yeux écarquillés, la vieille dame fixait le pendentif.

***

Une multitude d’étoiles piquetait le velours bleu-nuit du ciel mais, la fraîcheur nocturne avait contraint l’hôtesse et ses invités à délaisser ce fabuleux spectacle céleste et à s’installer dans le douillet salon. Cognac et whisky n’avaient pas été de trop pour redonner couleur aux visages et force aux esprits chamboulés des uns et des autres. Sur la table acajou les bijoux ciselés étaient rassemblés comme des facettes de la même histoire.

– Ce pendentif existe en deux exemplaires ils m’ont été offert par Daniel à la naissance d’Ermine, ce E est notre initiale commune. Le modèle a été créé par un de ses amis artiste joailler spécialement pour moi, et pour elle en plus petit. A cette époque on mettait facilement des bijoux aux bébés, sans doute moins aujourd’hui… Elle le portait sur une toute petite chaîne. Sans lui, aucune retrouvaille n’aurait été imaginable. Le pendentif d’Ermine – Elsie est notre trait d’union.

Anaïs couvait des yeux cette miraculeuse grand-mère, cadeau inestimable du destin.

– L’imprévisible tempête m’a ravi les êtres qui faisaient le sel de ma vie et aujourd’hui un merveilleux hasard me donne de rencontrer ma petite-fille dont j’ignorais l’existence. Croyez-vous aux coïncidences ?

La réponse fusa joyeuse et unanime dans un festival de regards rieurs, éblouis, amoureux et enchantés.

FIN

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