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L’odeur du tabac blond miellé dont Malo garnissait sa pipe évoquait à Victor le pain d’épices de son enfance. Son petit déjeuner n’étant plus qu’un lointain souvenir, cela suscitait en lui une envie croissante de sucrerie jusqu’à trembler légèrement. Ce n’était pourtant pas le moment de se déconcentrer car le délicat travail de restauration qu’il avait entrepris ne supporterait pas qu’il se montre maladroit. Victor posa le pinceau.
– On dirait que parler de Leblanc-Cassé touche une corde très sensible chez la baronne. Georges m’a dit qu’elle était toute émue de retrouver ce tableau et lui a avoué avoir connu le peintre autrefois. Tu as l’air de bien connaitre son œuvre ?
– C’est un enfant du pays et il s’est fait d’abord une réputation ici avant que ses tableaux ne soient remarqués dans des galeries de la capitale. Il s’était fait une spécialité de délicats portraits très précis et sensibles. Pas forcément dans l’air du temps des années 60 mais sa touche était telle que quel que soit son sujet il arrivait à susciter l’émotion, et c’est ce que l’on attend de tout artiste, n’est-ce-pas ?
– C’est vrai j’ai remarqué cette qualité sur le tableau volé, un portrait d’une jeune femme d’une infinie délicatesse, une fleur parmi les fleurs du jardin…
Victor sembla soudainement absorbé par un songe éveillé qui faisait venir à ses lèvres un sourire enfantin.
– J’aurais aimé acquérir cette œuvre, reprit Malo, la cote du peintre a sérieusement augmenté suite à la tragédie qui l’a fait disparaître, beaucoup d’épargnants cherchent ce genre de production. La rareté se paie, dans le domaine artistique encore plus qu’ailleurs. Mais j’ai cru comprendre que sa propriétaire n’avait aucune intention de s’en séparer. Je me demande bien pourquoi…

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