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Colombine et Pioupiou

Une jeune poule couvait. Elle ne savait pas vraiment pourquoi. La nature lui avait dicté cette inactivité … productive … quand un jour, elle sentit quelque chose remuer dans la paille… Elle ignorait encore qu’elle allait connaître les joies de la maternité. Le plus joli des poussins, jaune comme un bouton d’or, piaillait joyeusement sous son aile, heureux d’avoir démoli sa prison.
Après quelques jours, maman poule accompagna Pioupiou explorer tous les recoins de la ferme, lui recommanda de ne pas jouer dans l’entrepôt des machines agricoles, véritable chaos plein de dangers, lui enseigna l’art du picorage et lui présenta ses amis.

A deux pas de là vivait un couple de colombes, modèle de fidélité, et leur jeune Colombine, leur fierté, objet de leur vénération. Ces parents éduquaient leur fille dans le respect, la paix et l’amour inconditionnel. Elle pouvait aller et venir, jouer à sa guise, mais sans dépasser les limites de la ferme, de peur qu’elle ne s’entichât d’un de ces godelureaux de la ferme voisine.

Elle fit ainsi connaissance avec cette petite boule de duvets surnommée Pioupiou, et très vite ils jouèrent du matin jusqu’au soir. Roucoulements et piaillement résonnèrent dans la cour de la ferme.

Après quelques semaines, Pioupiou était gros comme trois ou quatre fois Colombine. Au grand désespoir de celle-ci, il ne savait toujours pas voler, à peine un petit battement d’ailes qui l’élevait de quelques centimètres … Elle voletait et lui tournoyait autour, un peu moqueuse, puis trouvait très vite un nouveau jeu.

Papa Colombe, attentif, ne voyait pas cette fréquentation d’un bon œil. Paix, amour, fidélité ! Soit ! Mais entre soi ! Pas de mésalliance ! D’ailleurs, il avait déjà choisi son futur gendre, un superbe oiseau aux plumes d’un blanc immaculé, à l’éducation sans faille et de bonne lignée.

Pioupiou continuait de grandir. Il se donnait des airs de grand. Sa crête devenait imposante, rouge sang. Ses plumes s’allongeaient et se teintaient de mille couleurs. Superbe et fier il commençait à s’ennuyer avec ces jeux puérils et délaissait de plus en plus souvent Colombine. D’autres activités plus sérieuses l’appelaient ailleurs. Il devenait bagarreur, pour tester sa puissance et l’efficacité de ses ergots et pouvoir ainsi se mesurer à ses rivaux. Il lui fallait, à lui seul, la totalité du harem dans le poulailler. Il ne voulait pas partager. La petite colombe était loin de ses préoccupations.

Il délaissa son surnom : Pioupiou’’, estimant qu’il était totalement incongru pour son nouveau statut. Chacun dut l’appeler ‘’Le Coq’’. Sa prétention augmenta de jour en jour. Il s’imposa aux alentours avec ses cocoricos puissants et arrogants, au mépris de la tranquillité de tous.

Colombine fut triste de se sentir délaissée par son ami. Ses parents ne lui avaient pas enseigné l’abandon et l’ingratitude. Elle ne quitta plus le colombier où elle fut entourée des siens.

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