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On nous appelle Cul de bouteille. Et nous sommes très contrariées, au sens propre, d’être comparées au fond d’une bouteille, même si au sens figuré, on nous dépeint comme un objet aux verres excessivement épais.

Nous sommes des sœurs siamoises et nous passons notre journée vissées à un nez. Le nez d’Arnaud. Certes, on lui fait une drôle de tête. Mais ce désagrément assumé s’est transformé au fil des mois en un gage de clairvoyance. Maintenant il épouse (sans rechigner) nos mises au point stratégiques. Le soir, à l’heure du coucher, Arnaud nous le rend bien. Avant de nous déposer à son chevet, il nous pince délicatement entre son index et son pouce. Il frôle nos branches, puis nous compose une danse gracieuse, grâce à de majestueux portés. On virevolte entre ses doigts animés. On voltige, gagnées par des flous romancés et on en redemande « Encore ».

Mais Arnaud ne nous entend pas. Il romance déjà, magnétisé par les ombres du mur.

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