8.3
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La frégate « Méduse » gît dans les eaux profondes,

La nuit vient de tomber et le tonnerre gronde.

On a jeté en hâte un radeau trop fragile,

Hissé sur un vieux mât une voile inutile.

 

C’est un amas de chair, plus que de forme humaine,

Sans aucun sentiment, ni d’amour, ni de haine.

Les corps à demi nus se tordent de douleur,

Leurs regards sont empreints d’une lente torpeur.

 

L’un râle, agonisant en invoquant le ciel

D’abréger ce moment ultime et si cruel ;

L’autre, encore debout, agite un vêtement,

Geste désespéré, pour cacher ses tourments.

 

Les chairs disloquées ont la teinte verdâtre

Et plongent mollement dans la fange saumâtre ;

Dans cette nuit de drame, un air nauséabond

S’échappe, en vapeurs, de tous ces moribonds.

 

Survivants affamés ! vous mangez de la chair !

De ceux qui ne sont plus compagnons de galère ?

 

Je suis tétanisée devant cette œuvre immense,

Cette vision d’horreur, cette douleur intense,

Jusqu’au fond de mon cœur, sens courir un frisson.

Ce désespoir me glace et m’emplit d’émotion.

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