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Elle n’avait rien compris à cette soirée qui pourtant avait bien débutée. Fine, alias Delphine, avait toujours voulu être maîtresse du jeu dans tous les aspects de son existence. Sa vie aujourd’hui était une revanche sur les moments noirs quelle avait pu connaître, elle la remplissait de fêtes avec des hommes jeunes et beaux qu’elle choisissait avec soin. On la disait cougar, elle se préférait lionne et arborait comme un emblème une crinière flamboyante entretenue avec soin. Elle chassait ses proies dans le mannequinat, vivier de beaux mâles vigoureux, et n’hésitait pas à s’afficher à leur côté sur la couverture de certains magazines.

Peter n’était certainement pas canadien comme il le lui avait fait croire, mais peu importe, à ce jeu chacun composait avec les vérités plus ou moins inventées des uns et des autres. Physiquement il était son genre, augmenté d’un petit air mystérieux qui l’avait agréablement chatouillée. Restaurant et boîte de nuit, une soirée classique pour elle qui dépensait avec délice l’argent qu’elle avait autrefois soutiré à des hommes moins jeunes mais plus fortunés.

Ils étaient allés chez elle, avaient continué à boire en abordant pleins de sujets qui la passionnait. C’était sans doute trop beau pour être fortuit de trouver ainsi un accord parfait dans leurs intérêts réciproques. Aurait-elle dû se méfier quand il a commencé à parler bijoux ? Peut-être, mais l’artiste avait amené le sujet de façon si subtile qu’elle s’y était précipité sans aucune arrière-pensée. Il lui avait aussi dit qu’il partait prochainement en Espagne pour un shooting incroyable au sein même du Palais Royal, cadre éminemment prestigieux. La conjonction des sujets l’y poussant, elle lui montra alors une pièce rare qu’elle possédait.

Le médaillon était pour elle plus un trophée qu’un joyau car il représentait l’amour fou qu’Armand avait eu pour sa femme et dont elle avait toujours été jalouse. En le quittant elle s’était faite voleuse, arrachant à cet homme vieillissant un peu de son cœur. Peter s’était répandu en compliments, l’étourdissant de sa connaissance dans l’art du damasquinage. Puis tel un prestidigitateur, profitant d’un moment d’inattention laissant à l’évadé le temps de s’échapper, il disparut avec le bijou. Fine poussa un rugissement en découvrant sur la table basse un message sibyllin : “L’amour de Lauriane et Armand est mon héritage”.

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