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     La rentrée des classes s’était faite dans un joyeux brouhaha et la maîtresse enjoignait maintenant les enfants à se ranger par deux. La vieille maîtresse pleine de principes dus à son éducation victorienne refusait d’appeler les enfants par leurs prénoms. Elle mettait du Sir et du Miss devant leur nom de famille, ce qui plaisait aux parents qui s’enorgueillissaient de cette marque de déférence.

     Dans cette école huppée et malgré un personnel irréprochable, les parents attendaient avec impatience l’année de 8ème lorsque leurs rejetons si intelligents seraient enfin sous la coupe de Lady Robinson.

     Mais cette année, la chute de vélo, pendant les vacances estivales, avait troublé l’esprit de la vieille demoiselle. Les séquelles n’étaient pas très importantes si ce n’est son incapacité à retenir les patronymes. Dès le premier jour les élèves s’amusèrent de cette étrange façon de les interpeller. Elle avait trouvé une parade en les baptisant d’une des expressions qu’elle chérissait tant. Le jeune Pascal, timide et introverti devint « motus et bouche cousue », le petit Paul, le plus doux et le plus aimable des enfants fut rebaptisé « gentil n’a qu’un œil », quand à Tony, le caïd, celui qui ne loupait aucune occasion de faire rire la galerie fut appelé « agité du bocal ». Ses autres qualités d’éducatrice n’étant pas altérées, les parents firent la grimace mais continuèrent à lui faire confiance.

     Le jour de l’inspection lorsqu’elle tendit une main à l’inspecteur de l’éducation nationale en l’accueillant d’un « Bonjour Monsieur « le dindon de la farce », Lady Robinson fut aussitôt limogée sous couvert de retraite anticipée.

 

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