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La veille de l’arrivée de Gilbert, le moustique femelle avait  contracté un parasite lors d’un repas bien arrosé  près de la veine jugulaire d’un ressortissant de Mombasa  en escale. L’homme de commerce n’était  pas bien frais puisqu’il était porteur de la malaria. Le jeune insecte encore peu à même d’en reconnaître le goût s’était alors gorgé de sang frelaté.

Gilbert,  commandement de bord de la ligne Roissy- Mayotte  faisait à l’époque jusqu’à deux ou  trois escales par mois à  Saint Denis.

Allergique à la climatisation qui lui donnait des vertiges et de fortes fièvres,  il avait pris pour habitude de descendre dans le seul petit hôtel sympathique non climatisé près de l’aéroport. 

L’anophele femelle, puisque c’est son nom, attendait sur le plafond du petit bar de l’établissement, l’arrivée du pilote pour pouvoir trinquer à son insu avec l’homme de haut vol.

La chose fut faite . Vite et bien faite . 

Puisqu’à peine dix jours d’incubation suffirent à Gilbert pour déclarer une  fièvre terrible, digne d’une clim ma réglée, tandis qu’il était à nouveau en escale sur l’ile.

Décision fût prise de renvoyer tout l’équipage sur d’autres lignes et de confier Gilbert aux bons soins du couvent de Cluny.

La mère abesse le prit sous sa protection et les soins donnés  lui firent beaucoup de bien.

Mais le pauvre homme délirait encore souvent , tant et si bien qu’il demandait en mariage à peu près toutes les nonnes qu’il croisaient dans les travées du couvent. Puis il fondait en pleurs, déclamant à  l’injustice, devant tant d’amour non partagé.

– « Le moyen de se rendre aimable, c’est d’aimer « mon fils  lui répondait l’abbesse qui citait Jacques Amiot, comme  Gilbert citait Caliméro.

Une jeune novice fut néanmoins  touchée par la fragilité de l’homme et prit goût  de s’en occuper.  Cette maladie est de longue durée… ils convinrent donc de se marier.
«  La mondialisation  a ca de bon… qu’on ramène le paludisme à la maison! » avait prit l’habitude de dire Gilbert fier de son infirmière…

A la télevision , Bruckner  faisait la promotion de son tout dernier livre:« La mondialisation, c’est d’abord la mondialisation du doute quant à ses bienfaits […]

– Chérie vient voir.. Bruckner doute encore!

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