• 4Minutes de lecture env.
  • 51Lectures récentes
10
(2)

Chapitre 7  ( partie 2)  – La semaine des quatre jeudis

Le deuxième brigadier  n’ayant pas trop compris la blague passe directement à l’ histoire du deuxième jeudi :

– Mais ce n’est pas tout, la semaine suivante, madame Sidonie revient pour déposer une main courante concernant  une autre voisine. Une femme de 50 ans vivant chez ses parents.

Cette famille avaient pour habitude  de beaucoup se disputer, s’alcooliser et s’insulter. La femme criait à qui voulait l’entendre que « si un voisin écoutait cette dispute familiale, il ne faudrait pas hésiter à prévenir la police avant qu’il n’y ait un accident fatal». 
Ben…mme Sidonie , ayant « bien voulu l’entendre », a pris ces propos comme un appel au secours, voilà tout. Il est vrai que la situation portait à confusion.

– Confusion pour qui se mêle de tout et de rien!  Surtout du rien qu’il y a dans le tout!  ajouta Sybille agacée par autant d’intérêt porté aux frasques de sa mère.

Sidonie vexée: 

– A force de ne pas s’occuper des autres, on finira tous seuls et sans sépulture, découverts bien trop tard par de nouveaux venus alertés par l’odeur incommodante de nos restes!

En plus,  je te rappelle que cela n’a pas été totalement inutile…

– En effet,  reprit le brigadier… il a bien fallu convoquer les voisins. La pauvre femme était à la merci de ses vieux parents qui lui imposaient toutes les corvées possibles imaginables sous prétexte qu’elle était  plus jeune qu’eux et qu’ils se vieillissaient.

– Ni plus ni moins que de l’esclavagisme par ascendance! Ajouta Sidonie

Content de maîtriser un sujet, le stagiaire prit la suite:

– Euh… et le chien….celui du charcutier…je peux raconter?

– Oui, mais ce n’est justement pas le chien du charcutier,  mais celui du Fils du charcutier.

– Et là , tu comprends tout de suite pourquoi il n’est encore que stagiaire, dit Victor moqueur.

Donc, reprit le stagiaire un peu vexé , le voisin de mme Sidonie est un ancien charcutier. Alors qu’elle  lui avait  demandé de calmer l’animal qui ne cessait de pleurer toute la journée, l’homme lui a répondu que sur simple demande, il le tuerait volontiers . Qu’après tout,  ce n’était pas son chien mais celui de son fils, qui , depuis qu’il est retraité le lui imposait tous les jours. Il ajouta qu’étant lui-même un ancien charcutier, il saurait sans problème comment le désosser. 

Madame Sidonie a préféré signaler ce fait . Des paroles aux actes il n’y a parfois qu’un pas.

Et Sidonie de rajouter:  

– D’autant plus qu’une retraite mal vécue peut parfois donner des envies de « reviens-y » et ceci à n’importe quel prix »

– Et pour finir, ajouta Sybille, Il y a eu l’épisode du curé, jeudi dernier:

« Le pauvre homme d’église s’est retrouvé mentionné pour « abus d’auditoire captif». Passionné d’écriture, de slam, de musique et de poésie, il aurait pris l’habitude en fin d’homélie chaque dimanche, de lire ou pire encore de chanter à ses ouailles sa dernière production . Ma chère mère n’en pouvant plus de devoir écouter les rimes approximatives a jugé bon d’ agir avant que cet homme ne vide encore plus les églises de ses fidèles. » 

– Vous avez convoqué le curé? S’esclaffe le jeune homme.

– Non, pas cette fois, mais à entendre ma mère , nous aurions dû.

Voilà, nous venons de vivre ce à quoi ressemblerait une semaine des quatre jeudis! 

Maintenant, peut-être être pourriez-vous nous laisser travailler !

– Oui  exact, il est temps de travailler et donc  de prendre note de ma main courante du jour!

Je souhaite signaler un abus d’autorité puisque le dénommé Victor, ici présent, a été convoqué abusivement ce matin-même pour la simple raison que son profil ne plait pas à madame la commissaire… fille unique, névrosée de l’employeuse. A moins qu’au contraire, il ne lui plaise trop…. ajoute t’elle, l’air railleur.

A ces mots les brigadiers qui sentirent  le vent tourner, repartirent à leur place comme une volée de moineaux. Mieux valait fuir, et si possible dans le bon sens.

Une fois sa main courante déposée, Sidonie et Victor firent demi-tour  d’un pas presque léger, tandis que dans son bureau la jeune commissaire aux traits tirés  fulminait .

https://algomuse.fr/la-fleur-de-lage-chap7-ma-pie/

Moyenne obtenue : 10 / 10. Nombre de votes : 2

Soyez le-la premier-ère à exprimer votre ressenti !

Partager ?

7
0
L'auteur-trice aimerait avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x