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Le texte suivant m’a été inspiré par la lecture du texte publié aujourd’hui (21 janvier 2023) par Angelune : « Une bobine énigmatique » @angelune (Vous comprendrez d’autant mieux mon texte que vous aurez d’abord lu le sien…)

Ce n’est pas une critique de son texte (que j’aime beaucoup), ni la moindre intention d’en orienter la suite (que j’espère beaucoup) ; non, juste une réflexion(s) qu’elle m’a inspiré. (Je m’adresse à elle dans mon texte, mais c’est juste par facilité, peut-être pour « humaniser » mes idées, ou quelque chose dans le genre…)

***

Vous me rendez un peu nostalgique d’une époque où fixer une image à un support procédait d’une technique confinant elle-même à un art. Vous posez même peut-être déjà le rapport entre le contenu et le contenant : les œuvres produites dans cette époque, et par l’utilisation de ses moyens limités, auraient-elles une valeur artistique et humaine supérieure à celles d’aujourd’hui ? Je le crois. Une autre façon de le dire ? : « Trop d’image tue l’image ? », etc.

Quant au numérique (« l’art numérique »), n’est-il pas, par essence, éphémère, dès lors qu’il procède d’une technologie et que toute technologie l’est ? Dans nos musées (et les autres) l’on admire encore des œuvres produites il y a des millénaires. Que restera-t-il des vidéos Tic-Toc dans 10 ans ? Celles publiées il y a deux jours sont déjà mortes…

Implicitement, vous posez aussi la question de la modernité littéraire. Peut-on écrire sur notre époque ? Je veux dire : avec les mots et les moyens de notre époque ? Ne sommes-nous pas condamnés à écrire sur ce passé forcément empreint de nostalgie ? Ne sommes-nous pas, nous, écrivains – comme le disait si bien Georges PERROS : « Nous fabriquons du souvenir » -, ne sommes-nous pas tenus par cette seule « réalité » ?

Car enfin toute poésie n’y prend-elle sa source ? Avons-nous jamais vu un roman qui fût à la fois de science-fiction et poétique ? Bien sûr, je pars du postulat que toute littérature est poétique, car au moment où l’on sort de ce postulat, le terme même devient indéfinissable tant il va falloir en préciser la multitude de nuances. Or, une définition ne se doit-elle d’être concise et précise ?

[ Et j’espère bien qu’ici quelqu’un va exiger de moi que je définisse… « la poétique »?… ]

Mais, revenons un instant à votre sujet, ma chère Angelune. Imaginez un petit film familial montrant votre enfant (ou le mien…) de trois ans sur son premier tricycle ; imaginez aussi le même  film le montrant sur une trottinette électrique… Le premier est en « super 8 » et le second, sur un smartphone. N’avons-nous pas, d’un côté « une histoire », et de l’autre… : des pixels !? Et encore ne parlé-je pas ici de photographie…

Et alors, l’histoire n’est-elle pas davantage écrite par le média que par le sujet ?… Et alors arrive la question  suivante : lequel des deux est un roman : « La chartreuse de Parme » ou « Vernon Subutex » ? Car il faudra bien choisir ; d’un côté, l’universel, de l’autre, le temporel. Et pour faire littérature, donc poésie, donc roman… ne faudra-t-il traverser le temps ?

PS : J’aurais pu classer ce texte dans « divagations philosophiques » qu’avait suggéré @gepetto ou @yanromair ou peut-être même moi-même, je ne sais plus (au “tout début” de l’Algo)… En tout cas, merci @angelune de me l’avoir inspiré. J’espère sincèrement que, les un-e-s les autres vous serez en désaccord avec tel ou tel point (il y en a tellement…) et le critiquerez ! (Sourire…)

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