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La pocharde

L’heure est à la détente au café de la place,
Les enfants jouent au sol et les couples s’enlacent,
On se ‘’conciliabule’’ et l’on se désaltère,
L’heure est à la bonhomie, la vie se peint en vert.
Mais voilà que survient un être incongru
Qui, au loin, vocifère et lance des mots crus.
Elle se trousse là, grosse, cynique, obscène,
Sur le trottoir d’en face entame une rengaine.
Ses seins lourds et pendants entrouvrent son corsage
Et ballottent au rythme de ses pas sauvages.
Avait-elle été belle ? Ou bien vieille avant l’âge,
Avant que la boisson ne fasse ces ravages ?
L’œil est teinté de sang, boursouflée est sa face,
Elle lève en dansant sa jupe emplie de crasse.
Les clients, désœuvrés, observent cette engeance,
Ça met un peu de sel dans leur existence …
Le patron du bistrot voudrait bien la chasser,
Il craint qu’elle ne lui fasse perdre sa journée …
Mais elle continue et tourne autour des tables,
Jure contre le ciel, insulte les notables,
En lançant un rire gras, harangue les passants,
Ses gros bras élevés, criaille … en bavant.
Son haleine est chargée et son regard est noir.
Elle part en titubant noyer son désespoir.
Aucune main tendue, on préfère ignorer
La pocharde et ses cris, puis la laisser aller.

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