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Ce matin une petite salamandre est née dans la mare des trois chênes. Elle découvre avec frénésie ce nouveau monde qu’elle contemplait déjà dans son œuf transparent. Sa petite taille ne lui permet pas de faire de gros festins, elle doit réfréner son envie bouillonnante d’explorer chaque recoin, les prédateurs sont à l’affut.

   Le mois suivant, sa taille raisonnable et son hyperactivité la conduisent en lisière de mare, là où règnent l’incertitude et le mystère. Un jeune moineau tout occupé à sa recherche de nourriture retient son attention. Elle s’étonne des déplacements sautillants de cette boule de plumes, de ses cris stridents qui viennent troubler le calme de la mare. Rien ne fait peur à la vivacité du batracien:
– Hé l’emplumé que fais-tu à sautiller au bord de la mare, tu n’oses pas entrer? Suis-moi je te fais faire le tour du propriétaire.

   Interloqué mais pas dégonflé le moineau suit la belle zébrée dans les eaux troubles. La découverte n’est point agréable pour l’oiseau mais la salamandre ne prête guère attention à sa déconvenue et continue ses cabrioles sous la surface de l’eau. Lorsqu’enfin elle se retourne, elle réalise que l’oiseau suffoque, hoquette, la folâtreuse s’en inquiète et l’aide à retrouver le bord de la mare. Dans un dernier crachat, le moineau jure de ne plus suivre la salamandre dans son étang. Il propose, le bois voisin, la chênaie, les tapis de feuilles mortes pour continuer leurs jeux. La salamandre n’a pas l’envol fluide comme son nouvel ami mais ses pattes à doigts lui permettent de grimper aux arbres, elle ne s’en lasse pas. C’est sa respiration difficile qui l’alerte, elle halète, et sa jolie peau noire et jaune commence à se desquamer.
   Trois semaines plus tard le joli moineau est de retour en bord de mare, il pépie de joie en guettant la salamandre. Il lui raconte le printemps, là-bas dans les jardins fleuris, la verdure dans les bois, les chants d’oiseaux et les constructions de nid. La salamandre lui dit les grouillements au fond de la mare les larves qui deviennent libellules, les têtards des grenouilles et l’arrivée du héron cendré.

   La salamandre et le moineau entretiennent leur amitié  en se retrouvant, à chaque saison, près de la mare ; les histoires merveilleuses ont remplacé les jeux inconcevables.

 

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