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Perché en haut de la colline, c’est un petit cimetière jouxtant l’église.

On y monte par un chemin rocailleux. L’ascension est déjà une façon d’expier nos péchés !. Les dernières tombes frôlent une falaise vertigineuse. La vue y est splendide et l’air vif.

Le lieu est propice à toute réunion. En été, les commères viennent chercher les derniers potins du village à l’ombre des cyprès. Elles retracent la vie de leurs chers disparus en laissant fuser de petits rires amers étouffés par les mouchoirs prêts à recueillir quelques larmes de circonstance. Le gravier crisse sous leurs petits pas mesurés.

Chaque famille a soigné ses chrysanthèmes, tout au long de l’année, dans un coin du jardin, pour inonder les tombes de multiples couleurs. Nous sommes à l’approche de la Toussaint. Le cimetière fait sa grande toilette pour le grand jour de fête.

Dans cette agitation, elle arrive, tout de noir vêtue, ombre longiligne errant au milieu des tombes, élégante et hautaine.

Personne ne la voit au village. On l’appelle « La Dame ». Elle ne sort que pour aller fleurir et honorer son défunt mari. Le pâle soleil de Novembre sublime l’immense majesté de ses douleurs de veuve. Elle s’en va, indifférente, dans le froissement soyeux de sa longue robe.

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