AlgoMuse Éditeur associatif
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Le lièvre, fort fâché de sa mauvaise expérience avec la tortue, passait le plus clair de son temps à défier tous les animaux pour une course folle, un peu trop sûr de sa suprématie. Son échec était trop dégradant pour sa réputation d’excellent coureur.

Nous le retrouvons sur la vaste plage de l’Almanarre, surpeuplée en ces premiers jours d’été.

Sûr de son pouvoir de persuasion, il avait tenté d’inviter ce matin une mouette estropiée, mais celle-ci avait décliné l’offre.

En effet, la technique du coureur avait un peu changé pour le choix de ses concurrents. Sa préférence allait vers des animaux affaiblis par de vilaines blessures ou une sénescence naissante. Et ce vaniteux, ce vantard, gagnait aisément à tous les coups. Entre nous, ce n’était pas très glorieux.

Au cœur de l’après-midi, il commençait à s’ennuyer (n’ayant rien à faire ici et n’aimant pas le bains de mer), quand il aperçut un drôle d’animal, empêtré dans ses ailes, la démarche gauche et comique.

« Voilà ce qu’il me faut ». se dit-il « je vais encore gagner, améliorer mon score et me faire admirer de tous les estivants ! ».

Salut, bel oiseau, je te propose de faire la course jusqu’au bout de la plage !

Ok, on va voir ça !

Après le top-départ, notre mammifère s’élança, fier, dans un sprint effréné, sûr de sa victoire face à ce piètre volatile. Il y mit toute son énergie, faisant voler le sable de tous côtés.

L’albatros, gauche sur la plage, s’éleva majestueusement dans les airs. En quelques puissants coups d’ailes largement déployées, il dépassa le lièvre et atteignit le but.

Ce vaste oiseau de mer, ce prince des nuées, venait de voler la vedette à ce lièvre.

Le lièvre, déconfit, n’avait pas lu Baudelaire …

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