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Coincé entre une boîte en fer blanc rouillée et une pile de serviettes, je suis béret oublié, béret chassé par les nouveaux couvre-chefs plus modernes. Je me souviens des têtes et des voyages, je me souviens de l’allure chic et décontractée que je faisais gagner à mon porteur. Enfoncé sur un crâne solide et vigoureux j’ai traversé la Manche, parcouru les chemins de la Cornouailles anglaise, distribué des chapelets d’oignons dont j’ai gardé l’odeur piquante. Les ” Johnnies” sont redevenus agriculteurs et j’ai échoué sur le sommet d’un conseiller municipal adjoint au maire. Ma laine bleue à plusieurs fois été secouée, brossée, lustrée par les mains calleuses des femmes. La poussière terreuse des champs devait vite disparaître pour effacer les heures de labeur et mettre mon maître à l’honneur à la réunion  vespérale  du conseil du village.
   Je suis nostalgique et je me morfonds dans mon casier sombre, je ressasse, les têtes et les tignasses me manquent, je n’ai plus cette haute vue sur le monde… Je sens une petite main qui m’attrape, me plie et me déplie, me jette et me rattrape, je suis posé sur la chevelure ébouriffée d’un gamin de huit ans.

 – Maman regarde mon béret de combattant, je suis le nouveau Che!

   Je regretterai le port altier de mon ancien propriétaire mais je me sens prêt à protéger du soleil et de la pluie ce guérillero intrépide !

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