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L’étrangère

— Écoute-moi bien petite fille, je vais te raconter l’histoire d’un Gulo de l’Arctique, communément appelé glouton. Il faisait fureur sur toute la banquise. Pourquoi, me diras-tu ?

— Oui, pourquoi ?

— Pourquoi je te raconte cette histoire ou pourquoi son succès n’avait pas d’égal ?

— Les deux, s’il te plaît !

— Eh bien voilà :

En 1900, un marsupial venu des Amériques, que l’on appela plus tard l’opossum, tout petit, tout gris, sans queue, décida de prendre son bâton de pèlerin. Il traversa les plaines, les rivières et la mer, personne ne sait comment. L’histoire dit qu’il en avait marre d’être poursuivi et tué à cause de sa fourrure.

Sur le chemin, un faon le supplia d’accepter qu’il l’accompagne. Bon gré, mal gré, l’opossum s’y résigna.

C’est quand un autre animal, dont on ne connaît pas le nom tant il était bizarre,…, que les deux amis l’envoyèrent promener !

Ils arrivèrent à destination après des mois d’un trajet laborieux. Ce périple partagé transforma leur camaraderie en amour. La solidarité dont ils avaient fait preuve semblait inaltérable.

Pourtant, quelques semaines plus tard, après s’être bien installés dans leur vie paisible où rien ni personne ne venait les déranger, ils eurent une vision. L’animal qu’ils avaient renvoyé dans ses pénates, volait au-dessus d’eux en circonvolutions savantes inscrivant, dans le ciel, une phrase inquiétante  :

« Moi l’étourneau que vous n’avez pas reconnu, admis auprès de vous, rejeté, humilié, je ne vous laisserai plus vivre paisiblement, sachez-le ! »

Les deux amoureux se regardèrent rouge de honte. À l’unisson, ils dessinèrent un cœur avec leurs mains. L’oiseau se posa sur l’épaule du faon. Tous les quatre signèrent la charte de l’amitié sans frontières où il était écrit que n’importe qui pourra s’installer à leur côté en Arctique.

L’histoire s’achève ainsi.

— D’accord, mais où veux-tu en venir grand-mère ?

— J’ai décidé de te raconter cette histoire inventée de toutes pièces, car je t’ai observée, hier, dans la salle commune, maltraiter la petite voisine. Je sais qu’elle vient d’emménager. Je comprends que ton clan soit inquiet d’accueillir une étrangère.

Ce conte n’a qu’un seul but : te faire réfléchir quant à vos comportements où l’exclusion semble être votre première réaction. L’étranger est source de différences, d’ouverture d’esprit, de partages féconds et de découvertes d’autres mondes.

— Ah, je comprends. Merci ma mémé d’amour. Donne-le-moi, je vais l’écrire sur ma tablette et le partager sur mes réseaux sociaux !

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