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Il était une fois, dans une contrée bien lointaine qui répondait au nom de Log’mordom, des animaux humains qui marchaient sur leurs pattes antérieures et se voyaient – pour chacun d’eux – comme des rois. Ces animaux, tous ensemble, se donnaient nom d’Humanité.
La contrée n’était pas laide. Tout s’y déployait dans l’harmonie de l’équilibre naturel que les dieux qu’ils s’étaient inventés, Lugcel et Vupu, préconisaient. On y voyait chaque jour les effets bénéfiques. Ici la fleur s’épanouissait, et là, une graine germait. Tout allait, comme la vie, dans tous les sens en même temps, avec la joie sans ombre du destin qui s’accomplit dans la félicité naïve que la nature distribue généreusement aux âmes simples.
Mais un jour, l’un de ces rois, bipède d’arrière train lui aussi, inventa le canon. Aussitôt les autres de lui prédire qu’il dominerait la Pensée. Bien sûr, chacun s’en arrangerait dans la profondeur d’une maxime à caractère… philosophique : “L’idée finit quelquefois par dominer le canon, mais privée de la protection du canon, elle reste sans force.” Tous se convainquirent ainsi de la nécessité de l’invention.
Le canon, évidemment, devint roi de Log’mordom. Les idées s’enfoncèrent céans dans la fumée des philosophies de l’Apocalypse, et des dieux de la nature – Lugcel et Vupu, comme nous savons – ne restèrent bientôt que poussières vieillies par les affres de souffrances endurcies. Les bipèdes commencèrent alors de rêver…
L’un d’eux, que l’on disait baroudeur – et qui n’en était pas moins roi, et philosophe, comme tous les autres –, se rappela son enfance. Mais il faut dire d’abord les circonstances : la Guerre était partout ! Partout les canons tonnaient ! Alors, dans l’effervescence de feu, d’acier et de sang, se rappeler l’enfance, n’était-ce pas déjà… décrire l’Espérance ? Et c’est ce qu’il fit ! Et voici comment il s’y prit :
D’abord, il inventa un monde. Ensuite, un petit prince qui l’habitait, sans y régner vraiment tant il voyageait. Enfin, il mit le tout dans une boîte magique, y ajouta un mouton et une rose, et remua si fort la boîte dans tous les sens, qu’il en sortit une maxime qui devait changer l’Humanité : “On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.”
Hélas, les forces du Mal comprirent très vite le danger qu’était pour elles ce troubadour baroudeur et tentèrent de le réduire, de le détruire. Elles n’échouèrent que d’un poil, car il eut l’élégance de mourir avant que d’expliquer l’entièreté de sa pensée. C’est ce qui sauva les hommes de devenir humains : le règne du canon et de la Guerre pouvait continuer. Mais…
Le poète baroudeur avait, sans le savoir, réveillé les dieux. Lugcel et Vupu, dieux enfantés par les bipèdes comme les icônes d’une entité humanisante, s’ébrouèrent de concert : “Quoi !? L’on nous appelle ?!”. Et la poussière de souffrance, dans l’instant, de s’évaporer ! Lugcel en particulier, brandissant d’un coup sa dague et son esprit capricieux, d’adresser ainsi Vupu : “Mon frère, les hommes nous réclament enfin ! Notre temps est venu !”
Vupu, circonspect et prudent, bien qu’enthousiaste, ne put s’empêcher d’un : “Nous verrons, nous verrons…”.
C’est qu’il faut dire que les dieux jumeaux étaient insexués, mais que l’un portait le glaive, et l’autre l’enfant.
Et c’est ce qui fit, dans la turbulence d’une…

(continuer ?…)

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