• 2Minutes de lecture env.
  • 50Lectures récentes
10
(7)

Elle rayonnait naturellement d’une beauté comparable à celle d’un phénix. Tous les hommes, et même les femmes, de toutes les tables environnantes, la regardaient à la dérobée.
Moi,  depuis ma table accolée à la fenêtre, je ne la lâchais pas du regard. Je dévisageais cette oiseau-femme à la beauté ombragée, absorbée par son service. Sa désolation mystique, me fascinait plus qu’elle ne m’effrayait.

A chacun de ses passages, motivé par la commande d’un second, cinquième…dernier expresso, j’enracinais mon regard dans ses yeux gris, grands et colorés d’une gravité lucide. Je photographiais dans la profondeur de ses pupilles les reflets d’un déchirement or et cuivré. Je pressentais des larmes incandescentes, et derrière ses larmes, le pouvoir de ramener un mort à la vie.

A l’affût de son timbre de voix, au moment où elle me répétait le montant de la note « Deux euro trente, s’il vous plait », j’y décelais un chant à la fois beau et triste et j’accueillais la conscience du moment où l’échange, fugitif, prenait fin.

Puis, dans un songe, je fantasmais l’image de l’oiseau-femme, en quête de sens, générant de la chaleur jusqu’à ce qu’elle prenne feu; je me voyais alors consumé par ses flammes jusqu’à ce qu’il ne reste que mes cendres. Puis je reprenais vie. Jeune, puissant, recomposé. Je levais alors la main pour passer une nouvelle commande «Mademoiselle, un café !»

Exprimez votre ressenti !

Moyenne obtenue : 10 / 10. Nombre de votes : 7

Soyez le-la premier-ère à exprimer votre ressenti !

Partager ?

5
0
L'auteur-trice aimerait avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x