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Moi Sultan – partie 2

Coucou ! me revoilà !
Je vous l’ai dit : mon instinct me dicte de ne pas trop m’attacher aux bi-pattes, mais quand ils se montrent conciliants, je sais faire des efforts et mettre mon caractère fougueux entre parenthèse, tout en gardant une certaine réserve. Demandez aux voisins de la ferme, une famille de la ville qui s’est installé il y a peu dans notre coin pour respirer le bon air.
Je la connais bien cette vieille maison inhabitée depuis longtemps. Les gens du coin n’en n’ont jamais voulu, ils l’appellent la maison du pendu. C’était un peu mon repaire, et quand la patronne voulait bien me détacher, j’y passais des moments de liberté à chasser les mulots, juste pour jouer. Un matin où je me prélassais au soleil, j’ai vu un énorme camion de déménagement. Quel vacarme ! La voilà maintenant occupée, cette bicoque !
Bon ! Au début, j’étais un peu méfiant avec ces nouveaux arrivants. Je surveillais en douce, de loin, leur installation, pour voir à qui j’allais avoir affaire avant de m’engager dans quelque familiarité.
Et puis, un jour, j’ai montré mon museau et là ! J’entends : ‘’oh maman, regarde le chien comme il est beau’’. Cette phrase me fait craquer à tous les coups et me met dans de bonnes dispositions ! Voilà un bon début ! J’avance lentement, me fais œil de velours, prêt à me laisser apprivoiser. La dame me tend une petite gâterie que je prends délicatement, pour ne pas l’effrayer, comme je fais avec la petite Louison de la ferme voisine. Elle marque encore un point cette famille ! C’est nouveau pour moi, ça change de ma gamelle. Je sens que je vais conserver l’exclusivité quant aux visites données à cette maisonnée. Je vais immédiatement éloigner mes congénères, ces va-nu-pattes, ces vagabonds, ! sales, hargneux, croisés porte et fenêtre, qui ne respectent rien et éventrent les poubelles. Pour ma musculature imposante, ce sera un jeu de chiot. Je leur laisserai traîner au hasard leurs lentes destinées … Allons ! Bon ! Voilà que je suis contaminée par l’algoésie de ces bi-pattes ! Il faut que je me reprenne ! Moi ! Chien féroce, je ne dois pas verser dans une quelconque sentimentalité nuisible à mon rang.
Je ne m’absente jamais longtemps, mais quand je rentre au bercail, je fais moins le fanfaron, avec l’air penaud d’un déserteur. La maîtresse m’accueille avec un ton grave et une trop longue phrase à décoder pour moi, mais à ses sourcils froncés, je vois bien qu’elle est en colère et elle ajoute immédiatement : ‘’viens là, que je t’attache !’’. Et là ! je comprends ! Punition. Exécution. Privation de liberté. Je n’ai pas d’autre choix que de reprendre mon rôle de chien de garde, regard sombre et inquisiteur tourné vers le portail et babines inquiétantes découvrant mes quenottes efficaces : la scène héroïque du grand Sultan méchant 

première partie : cliquer ⇒ https://algomuse.fr/moi-sultan/

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