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Mozzarella di bufala

Le plus grand affineur de la région de Campanie se désespérait. Ses bufflonnes déprimaient. Leurs mamelles tarissaient. Se protégeant de cette chaleur suffocante, elles sommeillaient à l’ombre des arbres et délaissaient le fourrage. Ce maître incontesté de la mozzarella di bufala di campana, dont la réputation et la grandeur dépassaient largement les frontières de l’Italie, voyait sa production baisser de jour en jour.
Une petite bête, détestée d’ordinaire, allait lui rendre un immense service et sauver son entreprise.
Depuis cette mode de housses en plastique d’une étanchéité redoutable, les mites étaient privés de ces garde-manger moelleux pour y élever leurs œufs. Une cellule de crise fut aussitôt programmée. La petite voix d’une mite indépendante et futée s’éleva :
– « moi, je suis allée me promener sur le dos d’une bufflonne et je me suis régalée ». Le poil est soyeux ! Un délice ! Et j’y ai laissé quelques œufs …
La méthode fut jugée pertinente et adoptée à l’unanimité. Elles se mirent aussitôt à l’ouvrage.
Les bufflonnes endormies ne virent pas ce nuage de bestioles affairées à leur tondre méticuleusement le poil. A leur réveil, après avoir largement baillé, elles furent toutes surprise de ce léger frisson parcourant leur échine, débarrassées de leur chaude toison. En trois jours, elles reprirent goût à la vie et leurs mamelles généreuses redonnèrent ce célèbre lait crémeux.
Il me faut une conclusion. Je suis tentée de plagier La Fontaine en disant « on a souvent besoin d’… etc ». Mais je vais dire plus simplement : “vive la tomate-mozza”

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