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Il y a longtemps déjà, elle arpentait heureuse les longues allées droites aux senteurs merveilleuses, parfums du paradis que d’humbles jardiniers avaient tracé ici en toute humilité. Offrande de la vie, le rire des enfants jouant dans les bosquets s’élevait vers les cieux. Lui répondait plus sourd le gloussement des mères, alanguies et comblées à l’ombre des treillages. L’eau qui courrait chantante, descendue des montagnes, apportait sa fraîcheur en fin pétillement. Odeurs et couleurs se mêlaient en son âme y composant alors pour chaque saison de belles symphonies. Promesse du printemps proche, les amandiers en fleurs déversaient leurs pétales en une douce pluie, somptueux tapis rosé qu’en douceur elle foulait. Puis quand l’éclat de l’été parait ces nobles jardins de la reine des fleurs en des teintes sublimes, son cœur tout embaumé de roses et de cédrat, défaillait volontiers d’une ivresse bien exquise. Chaque pas en ces lieux était la vie donnée à chacun et à tous en son entièreté.

Hier a tout changé, en ce jardin pillé, les arbres ont brûlé et les roses ont fané.
Des hommes ont malgré tout, résistant en leur âme, importé à la ville la beauté des fleurs sauvages des collines voisines, délicat symbole d’un espoir malmené qui oscille et ploie au vent de la tempête. Le jardin n’était pas mort, la vie et la couleur marquaient encore ces lieux, on pouvait y respirer et y rêver un peu.

Aujourd’hui est en deuil, c’est l’hiver sur Kaboul. Le paradis est vide, la femme en est bannie.
Quelqu’un de vous peut-il sans frémir y songer ?

Ce texte est inspiré d’un article de presse du 11 novembre 2022 « Les talibans ont désormais interdit les parcs et jardins de Kaboul aux femmes afghanes »

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