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  • Dis maman, lorsqu’on aura fini les biscuits tu pourras me donner la boîte
  • Oui mon chéri
  • C’est qu’elle est belle

Je regardais cette boîte de fer blanc, une boîte de gâteaux rapportée de Bretagne, offerte par notre voisine. Les côtés étaient blanc avec des petits motifs noirs, j’appris que l’on appelait cela l’hermine, sur le dessus il y avait une peinture représentant un phare sur une île battue par les vents, les vagues partaient à l’abordage de ce bâtiment en gerbes d’écume, et enfin inscrit en jolies lettres « souvenir de Bretagne ». Rien de très extraordinaire me direz-vous, à l’époque du haut de mes sept ans, je trouvais que c’était la plus belle boîte du monde.

Quelques années plus tard, en rangeant la maison de ma mère après son décès, en ouvrant un placard mural, je tombais  sur mes jouets d’enfants et quelques vêtements. Ma robe de baptême, ma première blouse d’écolière, mon premier cartable, d’autres vêtements et objets qui avaient émaillés ma vie d’enfant, des poupées aussi qu’à l’époque j’avais trouvé merveilleuses avant de passer du côté des grands. Et puis dans le fond d’une étagère la boîte à gâteaux.

En la prenant elle fit du bruit, signalant  qu’elle était remplie. Je l’ouvris.

Les témoins de mon enfance étaient là. Petits morceaux de vers polis par la mer, un petit escargot fossile, des cailloux bruns piquetés de ce que je croyais être de l’or, fèves des rois, rubans pris aux cheveux de Clémentine, un sifflet en plastique rouge, un collier,  un petit mot sur du papier rose avec un cœur dessus, la bague que Julien m’avait offerte, le canif de Julien que j’avais pris pour me venger parce qu’il m’avait laissé tomber pour cette pimbêche d’ Anita, quelques photos … Chaque  objet  devenait vivant, des images enfouies dans ma mémoire me revenaient, des rires d’enfants, des pleurs, des courses effrénées, la peur que l’on trouve mon coffret, le soin pris à le protéger, le sourire de mon grand-père lorsque je lui dévoilait mes trésors, ses exclamations à chaque chose que je lui montrait. Il contenait des merveilles, mes merveilles.

La petite boîte de fer blanc était toujours là, ma mère l’avait gardée, précieusement, comme toutes les choses de ce placard. Ces choses insignifiantes pour la plupart d’entre nous, mais qui pour elle, étaient plus précieuses que tout l’or du monde, elles étaient celles qui avaient accompagné son enfant.

Je suis presque certain qu’à aucun moment la petite boîte de gâteaux, devenue coffret aux trésors, ne fut ouverte, elle me la gardait précieusement, sans doute pour qu’à mon tour je l’ouvre pour mes petits-enfants.

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