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Une impossible élection©
CHAPITRE VII

Pour la première fois de sa vie, lui semblait-il à cet instant, elle se sentait éreintée. Cela frisait la démotivation. Et si …

Les effluves de la nougatine la guidaient vers l’entrée d’une de ses propriétés agricoles.

La nuit tombait doucement.

Le soleil et la lune s’organisaient.

Ses pensées s’apaisaient.

Son corps se détendait.

Elle devait absolument reprendre ses esprits, analyser la situation avec plus de sang-froid, rebrancher ses neurones en mode contrôle et sortir de cette foutue peur qui ne la quittait pas depuis quelques jours.

Grenier était sorti vainqueur de la réunion du Comité d’Entreprise et ça, elle ne pouvait le supporter.

Les grands froids avaient laissé place à la douceur propice aux ballades à cheval. Yarole avait bien l’intention d’en profiter quitte à se porter pâle pendant une journée.

Cette odeur de nougatine qui léchait ses narines sublimait ses fantasmes de liberté. Tout oublier, seulement quelques heures, harnacher son pépère après l’avoir longuement brossé, le monter en amazone, inspirer l’air de sa chère campagne. S’y autoriserait-elle ?

La ruse des jours qui s’allongent lui fit perdre la notion de l’heure. Elle avait promis à Pascal de repasser le voir vers 17 heures.

Le choix deviendrait vite un supplice si Yarole ne tranchait pas comme elle avait si bien su le faire depuis douze années à la tête de la Région. Etait-elle fatiguée, désabusée ? Avait-elle envie d’autres choses, dans sa vie, que ces luttes incessantes ?

A l’approche du chemin filant vers son besoin de sérénité, elle se fit violence pour ne pas faire demi-tour. A l’orée du petit bois annonciateur d’une fin de parcours tout en dilemmes et culpabilité, lisière entre devoir et bien-être, c’est avec émotion que son beau regard s’étendit jusqu’aux confins de sa propriété.

SES prairies pâturées mésophiles tondues à ras par ses chevaux, c’est elle qui les avait sauvegardées en bocages précieux d’un passé que son ex-mari estimait révolu. Que de disputes quand il s’était mis en tête de n’en faire qu’une seule et grande étendue facilitant le fauchage d’été. Une fois encore, Yarole avait eu gain de cause. Un sourire de satisfaction illuminât son visage si tendu jusqu’alors.

Au diable Janvion, Grenier, Kermaria, Serge, et toute la clique. L’instant était trop jouissif pour se laisser polluer par ces mécréants.

« Leur seule religion, la politique !… »

Depuis qu’elle prenait du temps à parcourir ses terres, elle sentait bien qu’elle se glissait tranquillement mais sûrement vers une vie plus en adéquation avec un rapport à la terre hérité de ses parents. La plénitude qu’elle en tirait n’avait pas son égal dans ses combats politiques.

« Ai-je tant envie que cela de me représenter à une troisième mandature ?… »

Cette impossible élection, au-delà des clivages et des incontournables coups de poignards dans le dos, serait-elle entrain de naître dans l’esprit de Yarole ?…

Son père, député à la retraite, occupait aujourd’hui son temps à parcourir ses domaines viticoles. A soixante quinze ans, Georges Galante ne s’imaginait plus se battre pour la nation comme il l’avait fait pendant les dix dernières années qui suivirent sa retraite d’agriculteur. Ses proches et son entourage s’étonnaient de la vie particulièrement austère qu’il s’était, désormais choisie. Son divorce en était-il la cause ?

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