Tant que les mots sont faits de souffle et le souffle de vie peut-on encore y croire ? Ou bien désespérer ?

Les mots s’embrouillent et s’emmêlent jusqu’à perdre haleine. Les phrases disloquées jaillissent en vomissures. Les syllabes se déchiquettent en spasmes douloureux. Un violent cauchemar m’engloutit jusqu’à l’écœurement.

C’était un rêve infini jusqu’à la folie d’y croire. Et le souffle assassin a balayé les mots. Il ne reste plus rien de la sublime création, que des traces sur un papier maculé de souillure.

La nuit a baissé son rideau de noirceur. Elle a fait taire l’espoir de vivre intensément un projet savoureux. Le réveil laisse un goût amer. Et les lettres s’envolent en volutes nauséabondes jusqu’à l’étouffement. Dans un râle, elles se délitent. Les mots décomposés se débattent en une inutile existence et cherchent désespérément un souffle salvateur.

La pensée morbide terrasse l’entendement. Il faudra me débattre pour survivre au naufrage.

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