Ce soir, je me suis couchée tôt après une journée harassante. Je m’endors instantanément et déjà, je suis assaillie par des visions cauchemardesques. Assise sur une montagne de gravas, prête à glisser dans le trou creusé devant moi, je tremble de peur. Ma nuisette de satin ne me tient pas chaud, je remonte la couverture sur mes épaules instinctivement et, malheureusement, je reprends le cours de mes sombres pensées : de gros travaux ont débuté cette semaine dans la ville pour la mise aux normes des canalisations de gaz. L’odeur de poussière s’accumule et recouvre le pavé de gris. Mes narines me chatouillent et j’éternue bruyamment. Le bruit fracassant des pelleteuses me casse les oreilles. Je serre ma tête entre mes mains. Sous mes pieds, les cailloux commencent à rouler dangereusement : ne pas déraper vers le gouffre qui m’appelle de sa voix rauque.  Je me cramponne à mes genoux pliés et essaie de maintenir l’équilibre. La foule de curieux s’approche des barrières installées en bordure du chantier. Personne ne m’aperçoit sur ce monticule élevé. Je veux hurler mais aucun son de franchi ma bouche. Même l’oiseau qui vole dans le ciel m’ignore. J’enrage !

La sueur me colle à la peau. Je me réveille dans un sursaut de peur.

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