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Ma première soirée de strip-poker @melanie

Mon oncle Alfred, un bon vivant, m’avait entraîné dans ce bistrot, soigneusement occulté par des tentures, tenu par la mère Blanco, femme d’un certain âge, haute en couleur, et dont on disait que son passé avait été sulfureux. Ce n’était pas le style d’établissement où les dames du village venaient se détendre autour d’une verveine. On faisait un détour pour ne pas passer devant, de peur d’être dans l’obligation de saluer la propriétaire si toutefois elle avait décidé de prendre le frais.

– tu as sacrément grandi, il est grand temps que je te déniaise ! On va chez la mère Blanco jouer au strip-poker !, m’avait-il dit.

Pour tout vous dire, je ne connaissais rien au poker et, surtout, rien des choses de la vie, enfin, vous voyez bien ce dont je veux vous parler : mes expériences en matière de nudité féminine se résumaient aux catalogues de mode et à quelques revues. Et justement, Alfred avait invité sa voisine en me disant : « tu verras, elle perd tout le temps, c’est la meilleure partenaire que j’ai découverte », sans me donner d’autre explication. À ses sous-entendus et son ton goguenard, je me doutais bien qu’il allait se passer des choses et que sa proposition me ferait vivre une expérience inédite. Sacré oncle Alfred ! Il avait l’art de devancer toutes les questions que je n’osais jamais poser.

On entre dans ce lieu, moi, caché dans l’ombre bienveillante de mon oncle Alfred. On s’installe dans la pièce du fond réservée aux habitués.
Les parties s’enchaînent. La voisine perd, et perd encore, et s’effeuille petit à petit. Elle en est au stade sage, style« catalogue, pages lingerie » mais moi, je commence à être mal à l’aise. Mon sang ne fait qu’un tour et me voilà rouge comme une tomate au soleil. Alfred me lance des clins d’œil en disant « les amis, la soirée n’est pas terminée, on n’a pas fini de jouer ». La dame est bonne perdante. Elle a même l’air d’être contente. Son mari, dans un coin sombre de la pièce, l’est moins, mais il n’a pas le choix, il veille, dans un silence réprobateur, à ce qu’il n’y ait pas de débordements, c’est tout !
La voisine perd la dernière partie et comme une estocade dans l’arène, elle arrache, en un geste théâtral, le peu qui lui reste. Une intense chaleur m’envahit. J’ai devant moi, en version originale, toutes les femmes des revues coquines chipées à mon oncle, toutes ! en une seule ! Rayonnante ! Plantureuse ! Troublante…
Je reste vissé sur ma chaise. Je voudrais que la soirée s’éternise. Mais la voisine se rhabille aussi prestement qu’elle avait enlevé sa dernière parure.

Je suis rentré, la tête dans les étoiles, bien décidé, un peu tardivement je l’avoue, de passer aux travaux pratiques.

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