AlgoMuse Éditeur associatif
Mer de sable

Mer de sable

L’homme, pour tromper le sommeil, lit :

dans le pays des Touaregs, au milieu d’une mer de sable, les vaisseaux du désert portent leurs lourdes charges. Le soleil étincelle et …

L’homme, seul dans la nuit, tout en haut de son phare battu par les embruns, pose son roman et se met à penser. Mer … vaisseaux … soleil …

L’homme s’endort bercé par le son des vagues et le rythme de la lumière gardienne dans la nuit.

Son rêve l’emmène dans une fraîche oasis. Il sirote un brûlant thé à la menthe. Il est gardien de phare et domine cette mer ondulante et dorée que traversent des caravanes de méharis.

Manif’

Manif’

Je me trouvais là par hasard, noctambule égaré pour une bouffée de fraîcheur dans cette fournaise d’une canicule annoncée. La manifestation pour dénoncer la négligence devant un grave danger climatique touchait à sa fin. Les paniers à salades avaient terminé leur travail et les casseurs leurs ravages.

Vous savez, moi, grand païen sceptique, je doute de l’efficacité de ces actes populaires ou bien de celle des prières au Bon Dieu. Les dinosaures eux-aussi avaient peut-être manifesté contre une haute technologie destructrice (on n’a encore rien retrouvé concernant leur civilisation). Vous connaissez le résultat ! Mais si ! Les squelettes dans les musées !. d’ailleurs nous avons prévu notre exposition, témoignage de notre civilisation : nous avons déjà le Musée de l’Homme. Notre place est prête, preuve en est que nous doutons de l’efficacité de ces sursauts de prise de conscience.

Je me mêlais à un petit groupe de manifestants qui n’avaient pas l’intention de rentrer. Ils avaient sympathisé lors de la manifestation et aussi beaucoup bu … ils parlaient en se tapant sur le ventre mais poignée de main ne vaut pas poignée de pain … Le plus bourgeois d’entre eux, dont la présence ici est un peu incongrue mais commandée par l’algoverbes, n’allait tout de même pas partager son petit en-cas, ni même boire à même le goulot ! Les autres, les habitués du partage, sortaient de leurs sacs les bouteilles à demi entamées « quand le vin est tiré, il faut le boire ! ». L’ivresse nous fit imaginer un monde meilleur. Je n’ai pas évoqué le sort des dinosaures pour ne pas polluer l’ambiance. je passais une fin de nuit merveilleuse de bonne camaraderie.

0

A l’asile

A l’asile

Mon poisson rouge s’est envolé et ma tête est partie, dedans, c’était la vraie tempête. Je les avais rangés dans le tiroir de ma table de nuit. J’ai tout cassé ma montre, je l’ai piétinée car c’est une imbécile, les aiguilles  bougent tout le temps et ça m’énerve. L’équipage viendra ramasser les déchets. Moi, je vais au restaurant. D’abord, c’est la distribution des petits bonbons de toutes les couleurs. Mais moi, je veux des bleus. Je ne veux que des bleus. Je me mets en colère. Je-veux-des-bleus : je crie. On doit être servis correctement. Les bleus sont mes préférés et vous le savez. Ils me rappellent la mer, la robe de la Sainte Vierge et aussi le roquefort. J’ai donné les pilules rouges à mon voisin. Il en avait déjà plein les poches. Il mange toutes celles qu’on lui donne. C’est pratique.

On nous sert du poisson. J’ai tout laissé. Je pense à mon poisson rouge et je rentre dans une grosse colère. Vous l’avez mis dedans avec ma tête : je crie.

J’ai droit à la piqûre. J’aime bien la piqûre. Mon personnel me raccompagne avec ma boussole dans mon bateau avec ma tête sous le bras de peur qu’on ne me la vole et je mets les voiles. Il est tout blanc mon bateau avec des barreaux aux fenêtres. 

Elle sent le poisson ma tête. Ça me rappelle mon copain le poisson rouge. Je suis content et je m’endors. Je suis navigateur solitaire mais ce jour, dans mes rêves, j’ai invité ma voisine, une fille de joie un peu triste, pour l’emmener en croisière. Parfois, je n’aime pas être tout seul.

C’est bien ici, mais la mer me manque et aussi le roquefort.

0

La rage

La rage

Jean Ducon, le gardien d’En-Haut, tout le monde le sait, est braconnier. C’est un ours asocial, caractériel et ivrogne ! Au village, on ne cesse de se demander comment la Compagnie des écluses a jamais pu lui confier telle responsabilité que celle de l’En-Haut. 

Julie, la mégère, dit qu’il a triché au concours. Fernand, le communiste, affirme quant à lui que c’est par piston capitaliste qu’il a réussi à berner tout le monde. Et le Maire, le maire, lui, ne dit jamais rien quand on parle de Ducon. C’est vrai que le maire est actionnaire de la Compagnie…

Mais ce matin, c’est allé trop loin ! Ducon a tué son chien. 

Du coup, tout le village est en émoi sur la place du marché. Tout le monde est là. Je m’approche et j’entends l’horrible nouvelle…

Je pense : “pauvre bête”…

Mais vite, je me rends compte que la compassion pour la bête est à mille lieues de leurs soucis à tous… 

« La rage ! Son chien avait la rage, vous rendez-vous compte ? La rage est parmi nous !… Pauvre Ducon, il a fallu que ça tombe sur lui… »

C’est ainsi que le cœur plein de rage, je rentre à la maison. Je retrouve Margot la douce, et caresse son chignon…

Appel à dons

Appel à dons

  • 5 minutes, juste 5 petites minutes de votre temps précieux pour regarder ma photo. Regardez ma dégaine ! enveloppé de vieux draps qui sentent le moisi, affublé du bonnet de nuit du pépé, paix à son âme ! Mon air piteux fait même fuir les oiseaux.

J’ai entendu que sur le Net, la solidarité existe. Je fais appel à vous car j’ai besoin d’un sérieux relooking. j’aimerais un petit vestiaire ” toutes saisons ” qui me rajeunisse ; un style sportware chic, vous voyez ?

Je vous remercie par avance et m’engage à adresser à chacun de mes généreux donateurs ma photo dans ma nouvelle tenue, chose promise chose due.

De mon côté, j’ai supplié qu’on me détache de cette barrière. Je rêve d’aller au milieu d’un champ de blé ondulant en vagues légères comme une mer blonde. Là je pourrais rêver, m’imaginer être un navigateur solitaire, et les oiseaux se poseraient sur mon épaule.

Le voyage

Le voyage

Quand la porte de l’avion s’ouvrit, une bouffée de chaleur humide envahit l’atmosphère. Ou peut-être était-ce l’habitacle qui envahissait l’atmosphère des Caraïbes, mais en tout cas, quelque chose se produisit qui fit un mélange entre deux mondes…
Ses oreilles lui dirent aussi que son “vécu” changeait de dimension : un bruit, une “substance sonore” très puissante, très envahissante, s’imposait à elle spontanément. C’était… les “ouis-ouis”… Ces grenouilles minuscules dont les cris tapissent de leurs voix le paysage onirique de la Gwada.
Pour le reste de ses premières, toute premières impressions de l’île, Juliette n’avait retenu que le sourire du steward qui lui avait, à l’évidence, fait la cour pendant les douze heures qu’avait duré le vol.
Elle se dirigea sans conviction vers…