Une fois encore, ce matin, en ouvrant un canard hexagonal, je me suis mise à gueuler comme un putois.

Quelle mouche les pique donc à Paris? Qu’ils arrêtent de nous prendre tous pour des bécassines et cessent de venir faire les doryphores ici sans aucune contrepartie!

Je commence à être bien asticotée mais, surtout, j’ai de plus en plus le cafard car ce sont eux qui depuis toujours mettent notre langue au placard.

Tout est bon dans le cochon (de) breton, nous dit-on. Ah bon?

Marinières Armor-Lux, cirés Cotten et bottes Aigle confectionnés par de petites mains souvent étrangères dont on oublie la peine quotidienne. À quand la retraite pour des fourmis épuisées œuvrant dans l’ombre pour leurs déguisements, afin qu’ils imaginent se fondre dans notre environnement?

Ils se gavent de kouign-amann, de far et de “complètes blé noir”, ignorant que les crêpes de nos ancêtres étaient bien loin de l’être (complètes) et que le kig-ha-fars n’était plat que des jours de fêtes.

Yod-kerc’h1 et kig-sall2 auraient été un régal pour nombre d’entre eux qui crevaient la dalle.

Dans les usines de sardines bossaient dur des gamines et le labeur des champs était pour les jeunes adolescents un travail de titan.

Je les observe à longueur d’année se prélasser ou déambuler sur nos plages dorées, se moquant éperdument de notre pénurie de logement.

J’ai envie de les traiter de tous les noms d’oiseaux, tellement ils m’énervent, ces blaireaux.

Qu’il me tarde que reviennent hermine et hirondelle car tant vont ces cruches à notre eau, qu’à la fin, qu’ils se cassent!

1Bouillie d’avoine

2Lard

 

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