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Petit traité sans prétention à l’usage des personnes ayant une commère dans leur entourage

Vous saurez vite repérer la commère. Elle a l’œil grave, le sourcil froncé, conserve le crachoir, sait tout sur tout, commente tout et ponctue ses discours par : « quand on voit c’qu’on voit ! ». Elle n’est jamais contente du temps, y a plus de saison, de la politique, tous les mêmes, des ses enfants, qui lui font des misères, du chien de la voisine, mal éduqué, de la vie, qui était bien mieux avant, des gens, ah! les gens ! des journaux, qui racontent n’importe quoi, mais elle, elle sait.

Elle garde deux petits plaisirs : les choux à la crème et le colportage de bruits pour lequel je vous mets en garde.

Lorsque vous la voyez parlementer, faites en sorte de vous montrer, sinon, vous prenez le risque d’être le sujet de l’éreintement du jour. Avec elle, les absents ont toujours tort. Si elle cesse son discours lorsqu’elle vous aperçoit, il y a de grandes chances qu’elle ait déjà commencé le sabordage dont vous êtes la victime.

Si vous n’êtes pas en grande forme et qu’elle vous interpelle doucereusement, attention ! Elle profitera habilement de votre moment de faiblesse pour vous soutirer quelques renseignements qui alimenteront ses ragots.

Quand elle commence par “je vais vous faire une confidence”, gardez bien à l’esprit qu’elle a déjà dévoilé son secret à la majorité de son entourage, et que, pour les autres, cela ne saurait tarder !

Tous les prétextes (souvent sous forme de services ou de petits cadeaux) lui sont bons pour s’introduire dans votre cocon. La laisser entrer est à éviter à tout prix. Son regard scrutateur aurait vite fait de déceler la moindre imperfection, grain de poussière ou désordre dont elle fera chou gras.

Si vous n’avez pas su vous protéger, ce qui a mené votre exaspération à son comble, il n’y a qu’une solution : rompre le lien, mais en douceur, avec diplomatie. Vous pouvez, pour l’amener à comprendre les dangers de son comportement, illustrer votre histoire par une image : l’écho, le miroir, l’élastique, etc… Mais j’ai une préférence pour le boomerang qu’on lance et qui revient sur soi. Et avec habileté, après avoir brodé un peu, grondez sévèrement ce petit instrument avec cette phrase sans ambiguïté : ‘Quand tu jettes le blâme tu provoques la réflexion sur toi’. Commère mais pas sotte, elle saisira. Vous pourrez alors vous quitter bons amis, mais définitivement.

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