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Je ne suis que son revers et je ne sais pas si je suis le bienvenu ici.

Certains diront que je me tape « l’inscruste », en me glissant subrepticement entre ces lignes, que je ne suis pas l’invitée du jour, celle qui brille et se montre sous ses meilleures facettes.

Le moment est pourtant venu de revendiquer ma place, parce qu’il n’y a pas de médaille sans revers, pas plus que de qualités sans défauts.

Le coté sombre des choses n’est pas toujours celui que l’on croit, il arrive que les forces obscures soient absorbées par la lumière sans pour autant être détruites.

Bref, tout cela pour vous dire que sans moi, elle n’aurait pas brillé tant que ça, la médaille, les choses n’auraient pas été si reluisantes !

J’ai œuvré à rester le gardien de ses valeurs. J’ai pourtant avalé des couleuvres sans piper mot. J’ai bataillé pour qu’elle face preuve d’humilité et d’efficacité quand elle courait après la gloire et les récompenses.

Tandis que les regards se tournaient irrémédiablement vers elle, que tous prenaient soin d’exhaler sa magnifique lumière dorée, l’astiquant de flatteries jour après jour, je m’éteignais dans le silence et l’obscurité.

Puis est venu le moment de l’oubli au fond du tiroir d’une vieille commode.

J’étais préparé à cela. Pas elle.

Elle a attendu longtemps la lumière, n’a eu de cesse de me raconter ses exploits passés (comme si je n’étais pas au courant !) et d’entretenir de la rancune envers celles et ceux qui l’avaient adorée, puis oubliée.

Elle a eu le temps de se souvenir de moi, m’a reprochée d’avoir pris mes distances et éteint la lumière qui lui montrait le chemin.

Après quelques années de ruminations elle a compris et m’a avoué qu’elle n’était rien sans moi et que la lumière n’était pas toujours du coté qui brille le plus.

Vous le croirez ou pas, c’est à ce moment là que quelqu’un a ouvert le tiroir.

Vertige oublié de la main qui nous soulève, éblouissement fulgurant d’être sur le dessus de la scène et d’entendre cette voix qui lit ce qui a été gravé il y a bien longtemps sur le revers de la médaille : « On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux ».

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