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Par un beau dimanche matin, lors du petit déjeuner à l’hôtel de l’hippodrome :
– J’ai bien envie de prendre la tangente, je le sens pas ce concours …
– Allons, tu vas pas renoncer maintenant, t’es le meilleur jockey en saut d’obstacles. Et ça t’est venu comme ça au réveil, t’as mal dormi ?
– Comme d’hab, j’ai refait le parcours toute la nuit dans ma tête, mais à chaque fois ma monture se bloquait sur l’obstacle et je tombais dans la rivière. C’est la première fois que cela m’arrive. C’est trop bizarre, je te dis, j’ai comme une prémonition, ça me fait peur. J’aurais pas du accepter la chambre 13.

A la réception de l’hôtel, le concierge est dans ses petits souliers, pris à partie par un client fort mécontent :
– Comment ça, vous avez égaré mon exemplaire de Beltjens ! C’est inadmissible, je dois faire une lecture publique d’une de ses œuvres majeures dans une heure. Je l’avais juste posé sur ma table de chevet après avoir répété une bonne partie de la nuit.
– Je vous assure que nous n’avons rien déplacé ni pris dans votre chambre, monsieur. Notre personnel, qui est au-dessus de tout soupçon, a fait consciencieusement le ménage de la 14 sans toucher à vos affaires.
Pris d’une soudaine inspiration, le client plonge la main dans son sac et s’esclaffe :
– Quelle tête de linotte, je l’avais rangé exprès dans la poche latérale pour le sortir plus facilement !
Sans s’excuser de son accusation injustifiée, l’homme alors fait entendre un rire tonitruant.

A quelques mètres de là, dans la salle de restaurant, le pauvre jockey traumatisé vient de renverser son café.
– Ce rire, je le reconnais, c’est le diable ! Je l’ai entendu toute la nuit marmonner des imprécations. Il n’arrêtait pas de répéter : « Je ne sais pas comment tu pourras passer l’eau » !

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