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Malo lui en avait tant parlé que Victor avait l’impression de connaitre déjà la belle demeure. La baronne souhaitant consulter les échantillons de tissu sélectionnés avant de passer commande de la rénovation de ses fauteuils, il avait sauté sur l’occasion pour s’inviter au manoir au lieu de la faire se déplacer à l’atelier, prétextant qu’il était important de choisir en tenant compte de l’environnement décoratif déjà en place et de la lumière des lieux. Ignorant des usages de l’aristocratie il se demandait bien comment s’adresser à la maitresse des lieux. Devait-il faire un baise-main ? Lui donner du ‘madame la baronne’ à toutes ses phrases ? Malo avait bien rigolé devant toutes ces questions puis lui avait dit qu’elle était la gentillesse et la simplicité-même et qu’il n’y avait pas lieu de se préoccuper de cela.

Elaine avait à cœur de soigner elle-même ses rosiers, elle se réservait ce travail, laissant le reste de l’entretien du jardin au petit artisan avec lequel elle avait conclu un accord. C’est donc au pied du perron et le sécateur à la main que Victor la découvrit à son arrivée.

– Il faut être millionnaire ou bien savoir se salir les mains quand on est propriétaire d’un pareil endroit, s’excusa-t-elle dans l’impossibilité de répondre à la main tendue du nouveau venu.
Bienvenue dans mon royaume.

Une coupe courte et sportive de ses cheveux blancs, une tenue de jardinage pratique et élégante à la fois, Elaine d’Aigue-Marine ne faisait pas du tout ses presque quatre-vingts printemps.

Les trois petits fauteuils espéraient leur vie nouvelle dans un coin du grand salon, sagement disposés autour d’une table basse art-déco de belle facture sur laquelle Victor posa les différents échantillons de tissu qu’il avait choisis avec le conseil de son ami, la baronne leur ayant donné carte blanche pour une première sélection. Près de la fenêtre, ouverte sur la terrasse, le joli tableau avait pris place sur un chevalet en attendant son nouvel encadrement. La belle lumière de l’après-midi mettait en valeur toutes les nuances de la peinture et Victor, qui n’avait jamais pu observer l’œuvre de si près, découvrait de fins détails.

***

La stupéfaction et l’incrédulité n’avaient pas encore totalement disparus de son visage quand, de retour à l’atelier, il entreprit d’informer Malo.

 

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