La cour était petite et la porte était laide

La demeure était laide et la salle était sombre

Les couloirs étaient sombres et les fauteuils étaient vétustes

Les ustensiles étaient vétustes et les tableaux étaient grotesques

Les lustres étaient grotesques et les bibelots étaient surannés.

Les tapisseries étaient surannées et les propriétaires étaient  tristes.

La tristesse suintait des murs de pierres

Montait à l’assaut des tourelles 

Et redescendait en rappel jusqu’aux douves

Le gris de l’ennui perforait les vases de Chine

Recouvrait de ses délicates broderies

Les bois lustrés et séculaires

La peur filait sa toile dans les recoins noirs de suie

Enjambait les coffres et les panières

Tournoyait entre les poutres grossières

Se faufilait à travers les persiennes

Et étouffait toute vie naissante dans les jardins.

La peur était partout et justifiait les gouttes de sueur

Qui perlaient sur le front labouré de Monsieur le comte

Assis sur sa caissette de louis d’or. 

 

La caissette était petite et Monsieur le comte était laid.

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