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Grumbeg, août 2009.

Le matin est radieux et les eaux profondes du Loch Naver, sur lesquelles les cimes de Ben Klibreck veillent jalousement, d’un bleu ardent.

Le silence est à nul autre pareil. L’immobilité de ce glen me fascine et m’obsède. Je ne dirais toutefois pas qu’il m’émerveille. Son ciel est triste et beau comme un grand reposoir et l’air est plein du frisson des choses qui se sont enfuies.

Face aux ras chaos de pierres grises moussues, seuls vestiges de maisonnées entières, nous entendons passer, dans notre solitude, le long cortège des dépossédés.

Oui, ils sont bien là, tous. Nous voyons leurs visages.

Péniblement ils cheminent et leur dénuement est flagrant.

Hommes braillards, femmes hagardes, petits enfants aux mains de froid rougies, anciens tout courbés sous le poids des peines, ensemble ils partagent le même calvaire.

Comme en un convoi funèbre aux muettes prières, d’incohérents sanglots et d’étranges paroles s’élèvent à l’unisson de leurs douloureuses poitrines.

Ils se sentent brisés, ils se sentent damnés.

Vers quel incertain destin leurs pas lourds et lents vont-ils les mener?

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