Un de retrouvé

(suite de : Un de perdu)

Le fossoyeur eut peur de tant d’empressement ;
Laissa la veuve seule, choisir d’autres amants.
Les obsèques ont eut lieu, la tombe est bien fleurie
Et le marbre est gravé : « Ô, toi, repose ici ».
Elle vient chaque jour, errer dans les allées
En tenant dans sa main un beau mouchoir brodé,
Lançant un regard triste aux hommes éplorés
Dans un espoir secret de mieux les consoler.
Puis après quelques mois que la décence impose
Elle arriva, un jour, toute vêtue de rose ;
L’effet fut immédiat et la belle coquette
Ne tarda pas longtemps à faire la conquête
D’un beau quinquagénaire en quête de frissons
Qu’il n’avait plus connu depuis bien des saisons.
Chaque souffle du vent à la fièvre brûlante
De cet homme séduit, adoucissait l’attente.
C’est ainsi que deux stèles ont perdu leur fraîcheur
Elles sont toutes nues, sans couronne ni fleur.

Un de perdu : cliquer ici

4
0
L'auteur-trice aimerait avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x