La guinguette

A la guinguette, chez Jojo, j’allais parfois,
Sur les bords de la Marne, dénicher mon roi.
J’étais là, pomponnée, un dimanche de mai,
Prenant la pose avantageuse, j’attendais.
Un petit homme enjoué s’approcha de moi
Et sur un air d’accordéon, il m’invita.
Alfred était vraiment ridicule en valsant,
Ses jambes étaient courtes et deux pieds en dedans,
Un pantalon rayé, un gilet étriqué,
Comme au ciné, il avait mis un canotier.
Il me faisait tourner à l’envers à l’endroit
Mais bien suivre le rythme, il oubliait parfois.
Il m’a serré de près, ça m’a mis mal à l’aise,
Je l’ai quitté et suis retournée sur ma chaise.
Je lui ai dit « n’insistez pas… j’ai mal aux pieds ».
Aux accents des flonflons, je me mis à rêver,
Au bar je suis allée chercher un muscadet
Pour voir la vie en rose et me rendre plus gaie.
Je dois vous l’avouer, ça m’a rendue pompette
Fermement décidée à poursuivre la fête.
Quand le printemps revient j’aime aller au bastringue,
La zizique à Jojo me rend chaque fois… dingue !

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