Rien n’a davantage changé avec le temps que la circulation rapide des nouvelles. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui on parle des conséquences d’un putsch en Russie, qui n’a finalement pas encore eu lieu.

C’est ce qui fait qu’hier je me projetais dans une maison en bord de Seine qui n’était pas encore en vente.

C’est ce qui fait que mon impatience monte crescendo rythmée parfois par mes rêves, souvent par mon anxiété, rarement par une réflexion lucide et réfléchie.

Les nouvelles circulent tellement rapidement, l’une noyant l’autre à la vitesse de la lumière, sous les flots d’informations déversées par les chaines d’actualités et les notifications de nos téléphones portables que nous en tirons des conclusions hâtives, avant même qu’elles n’aient eu le temps de s’inscrire dans la réalité du présent. Parfois je me sens submergée.

Je me demande si j’ai besoin de toutes ces informations et mon questionnement en est la réponse : non bien sûr. Il s’agit d’événements sur lesquels je n’ai pas le contrôle. La partie rationnelle de mon cerveau sait parfaitement que la peur n’évite pas le danger et que s’inquiéter ne sert à rien.

Rien n’a davantage changé avec le temps que la circulation rapide des nouvelles, c’est ce qui fait qu’aujourd’hui c’est devenu une drogue, une addiction et que demain je m’impatienterai en guettant les nouvelles du monde, espérant une éclaircie qui illumine le mien et redoutant un orage qui l’assombrisse.

Rien n’a davantage changé avec le temps que la circulation rapide des nouvelles, c’est ce qui fait qu’aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain nous vivons sur le fil du présent avec la conscience exacerbée qu’il peut rompre d’un instant à l’autre.

Mais la plupart du temps, le danger ne vient pas d’où on l’attendait. J’en étais là dans mes réflexions quand j’ai senti la terre trembler sous mes pieds.

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