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Un bruit qui court à Vincennes

J’arrive de Vincennes, un peu essoufflée. Il a fallu que je me fasse discrète en traversant la ville si je ne voulais pas me retrouver, comme nos cousines, enfermée dans un enclos aussi petit que l’ombre d’un baobab. Je crois que je suis passée inaperçue en rasant les murs. Et les parisiens sont bien trop préoccupés par leur propre existence pour se soucier d’une girafe en villégiature.
Voilà mes sœurs, je vous envoie ma photo devant… vous n’allez pas me croire ! Laissez-moi vous transmettre l’histoire que m’ont racontée nos cousines concernant la construction qui se trouve derrière moi :

Gustave, durant les premières années de sa vie heureuse d’enfant choyé, avait un doudou couineur, Sophie la girafe, dont il ne se séparait jamais. Pourquoi les parents offrent-ils ours, singes, girafes, à leurs enfants ? Ceci est un autre débat qui pourrait nous entraîner dans l’analyse de leurs propres frustrations de n’être que des humains.
Ces mêmes parents, lorsque leurs enfants grandissent, se désespèrent de constater que les doudous traînent encore dans les cartables. C’est pourquoi, le jour de ses 7 ans, Gus reçut un Meccano. Son papa avait de grandes ambition pour lui. Il serait ingénieur.
Gus se captiva pour son nouveau jeu sans pour autant négliger la petite Sophie. Il fabriquait des autos, des maisons, mais surtout des grues et… des girafes ! A chacun de ses anniversaires, il demandait des boites supplémentaire et les girafes devenaient de plus en plus grandes.
Les années passèrent. Gustave, alliant passions et ambitions, devint tout naturellement métallurgiste.
En 1887, son entreprise remporte le concours pour la présentation d’un monument à l’Exposition Universelle.
Deux années seront nécessaires pour bâtir l’édifice le plus haut du monde.
Au fil des mois, Gustave voyait son rêve d’enfant se réaliser. La structure atteignait déjà 250 mètres. Jamais les ouvrier n’avaient dû travailler à une telle hauteur. Certains commencèrent à souffrir de vertiges. Petit à petit, l’effectif se réduisit.
Inquiet, Gustave se rendit sur place pour vérifier l’avancée des travaux avant l’inauguration. La tour mesurait 312 mètres mais plus aucun ouvrier n’était sur place. Ils refusaient de se mettre en danger.
C’est ainsi que la girafe imaginée par Gus ne put jamais avoir de tête.

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