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Le monstre a déserté, son œuvre est suspendue

Mais il peut revenir. Pour lui rien n’est perdu.

Les immeubles éventrés sont rongés par les flammes

Les rues humides et froides ont perdu leur âme

Les façades lépreuses aux blessures profondes

Béantes et dévastées sont exposées au monde

“Les charpentes s’ébranlent au-dessus des décombres”

Ville défigurée méconnaissable et sombre

Kharkiv la belle est un fantôme décharné

Dans un sursaut d’espoir elle veut résister

Et la poussière grise la couvre d’un linceul

Elle crie au monde entier « ne me laissez pas seule »

L’asphalte disparaît sous un tas de gravats

les habitants se terrent. Ils ont peur, ils ont froid

Les hommes sont restés, c’est leur vie, c’est leur terre

Ils portent des fusils, n’ont jamais fait la guerre …

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