Les chars avançaient vite dans la neige souillée
mais je tournai le dos au cortège infernal.
En plein cœur de la place où nos vies s’effondraient
la statue du poète avait perdu ses mains,
le soldat hébété, sonné d’absurdité,
semblait lui réclamer un suprême sourire.
Le Jardin des Délices au coin de l’avenue
donnait à voir l’Éden que nous avions perdu,
des arbres singuliers et des fruits savoureux.
Comment peut-elle survivre à l’enfer entrouvert,
par ses frères capturée, en sa chair déchirée
en les contorsions, risible Humanité ?
Mes larmes de honte tombèrent dans la neige
et percèrent le sol de mon pays aimé.

7
0
L'auteur-trice aimerait avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x