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   Deux chaussons qui avaient dansé, tourné, virevolté, cabriolé toute l’année se retrouvèrent fort dépourvus quand l’été fut venu. Plus de petits pieds se trémoussant, de petits petons gambillant… Ils allèrent sautillant et chaloupant frapper chez leur voisine d’étagère, les sandalettes estivales.

   Les sandalettes d’été, talons expansés, lanières orangées lustraient leur peau de cuir et se préparaient à retrouver Saint Tropez, la mer et les jets ski, les cocktails en bord de piscine et les lumières des boîtes de nuit.  

  – Laissez nous vous accompagner en bord de mer s’autorisèrent les ballerines, nous trouverons pieds à nos chaussons ! Nous voulons découvrir la danse des vagues le soir au clair de lune, la chorégraphie des pins dans le souffle d’air chaud, les pas de côté et les entrechats des coquillages et crustacés s’exclamèrent roses d’enthousiasme les petits chaussons.
  – Vous n’y pensez-pas ! gémirent les sandales qui ne voulaient pas s’encombrer. Votre peau de pêche rougirait sous le soleil, blanchirait au clair de lune, le sel de la mer rigidifierait vos jolis nœuds de satin, vos semelles se craquelleraient sur les rochers. Restez à l’abri dans votre papier de soie, guettez l’automne et les cris des enfants, guettez le retour de la fraîcheur et des klaxons dans la rue. Attendez notre retour !
   Dépités, les chaussons effectuèrent un double salto, s’inclinèrent bien bas en saluant les sandalettes d’été et s’endormirent tête bêche pelotonnées dans le papier bruissant.

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