Chapitre 8- Le cairn des jeudis

– Sidonie… je vous trouve un peu dure avec votre fille! Après tout, elle fait son travail, avec zèle mais avec sérieux.

– Il ne s’agit pas seulement de venir agacer ma fille, Victor.  Même si, je l’avoue, cette seule idée me réchauffe le coeur. Mais savez-vous, quel est le point commun entre chacune des mains courantes déposées?

Le jeune Tournesol se frotte les cheveux et secoue la tête. 

  Chacune de ces histoires a du sens. Et toutes ont un lien avec la passion et l’amour non reconnu ou mal vécu. 

Quand je dépose une main courante , je tends la main. Je confie des maux à réparer. 

Voyez vous-même : 

– La première histoire est celle d’un homme qui répare chaque jour le lien rompu en continuant à  apporter de la chaleur dans sa belle famille.

– La deuxième histoire est celle d’une famille trop fusionnelle qui ne sait pas s’aimer sans hurler à qui veut l’entendre ses souffrances.

– La troisième est celle d’un homme démuni, qui appelle au secours en aboyant car depuis qu’il est retraité, se sent comme ce chien: seul et  abandonné à ses regrets et peut-être même à ses frustrations.

Et enfin, la quatrième est celle d’un artiste qui veut s’exprimer au travers de son art et qui n’a trouvé d’autre moyen que de le partager là où il sait qu’on ne pourra le lui refuser.

– Et aujourd’hui, Sidonie? 

Quel sens donnez-vous à votre main courante?

– Aujourd’hui? 

Je ne sais pas encore mais … l’avenir nous le dira.

Une chose est sûre. La sagesse appartient à ceux qui  vieilliront « jeunes» , Victor! Pas aux jeunes insensés qui comme ma fille s’escriment à faire «vieux» pour asseoir leur autorité.

Le jeune homme pense à la jeune et jolie commissaire fulminant dans son bureau…

Et si toutes les mains courantes n’étaient en réalité qu’une seule et même main tendue –  celle d’une vieille dame un peu fantasque qui cherche à toucher le coeur de sa fille trop sérieuse?  

Sidonie entassait les déclarations comme d’autres des pierres sur leurs chemins de randonnée. Était-ce pour y laisser une trace de son passage? 

L’homme de sciences le sait. Déplacer tant de pierres n’est pas sans risque de déranger les espèces locales. Sidonie risquait de s’attirer des problèmes et de blesser quelqu’un.

Le « cairn des jeudis de MC » allait devoir cesser d’une manière ou une autre…

 

La fleur de l’âge – chap7 partie 2@Ma Pie

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